Migration Ep4 : I’m free, I’m free !

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closeCet article a été publié il y a 4 ans 8 mois 16 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées, les commandes ne sont peut-être plus valides.

And freedom tastes of reality! Bon j’ai pas la classe de Roger Daltrey, mais je me sens pareil (et je vous recommande cet opéra rock mythique). Non j’en ai pas fait la roue dans ma salle à manger, n’empêche que ça y est. Mon laptop tourne enfin au quotidien sous Linux. Petit retour sur cette étape finale, avec le drapeau à damiers à la clé.

Donc, à la fin de l’épisode 3, j’avais finalement arrêté mon choix sur Manjaro, que j’avais pu tester longuement depuis une carte SD. La raison : une expérience plus que plaisante, la plupart des usages fonctionnels dès le démarrage, et quelques raffinements dues à la fois à KDE et le fait que je l’utilise (j’y reviendrais).

migration-manjaro-logo

Un premier test de plusieurs jours sur un disque dur annexe m’a définitivement conquis. J’ai donc utilisé ce même disque, une fois nettoyé, pour accueillir un clone de l’installation de Windows qui était jusque là sur le SSD. j’ai donc redémarré sur la carte SD, et le clonage d’un disque est vraiment d’une complexité grave :

Par contre, comme le disque dur de destination était branché sur USB, ça a été long, très long. Au passage, c’est aussi dd qui servira quand je voudrais tester ou préparer des liveUSB ou liveSD. Oui, plus besoin de logiciel tiers comme sous Windows. J’ai ensuite testé le clone, en démarrant dessus. Ça fait un peu plus de deux ans maintenant que j’utilise des SSD sur mes machines, et là d’un coup, démarrer Windows sur un HDD classique a été violent, même si au final le clone fonctionne parfaitement. J’ai donc pu rebrancher le SSD, redémarrer sur la carte SD, et procéder à l’installation, enfin.

Premiers émois

Comparé à mon test sur le disque dur, c’est bonheur. Le démarrage est carrément plus rapide que sous Windows. Comme j’ai déjà tâté le KDE dans tous les coins, et un peu les spécificités des outils en ligne de commande (dû à l’ascendance ArchLinux, que j’ai trituré un temps sur mon précédent laptop), j’ai donc commencé par lancer une mise à jour du système :

Je conseille aux gens d’avoir une image la plus récente possible pour l’installation, car là, j’ai droit à 540Mo de téléchargements. L’avantage c’est que je n’ai pas besoin de relancer plusieurs fois la mise à jour, contrairement à Windows qui vous fait des mises à jour de mises à jour. J’ai donc pris le temps d’aller manger après avoir lancé la mise à jour, et lancé en parallèle la recopie de mes données (un peu plus de 50 Go, en USB, c’est long). A mon retour les mises à jour étaient terminées, mais une notification est apparue : des packs de langue à installer. Étrange, étant donné que ces mêmes langues sont disponibles en mode ‘live’. Pas grave, comme la copie USB est toujours en cours, je lance ce téléchargement supplémentaire. Une fois tout ça terminé, je redémarre.

Il me manque des choses

Étant un junkie dépendant à Firefox et Thunderbird, je les installes direct. A ce propos, je préfère annoncer que vous ne verrez pas octopi, l’interface graphique pour installer des logiciels. Elle est peut-être bien quand on cherche le nom d’un paquet, mais ça va tellement plus vite avec une ligne de commandes, les accrocs à la souris ne savent pas ce qu’ils perdent. Donc, Firefox et Thunderbird :

Comparé à la nécessité d’aller sur les sites officiels des uns et des autres et de les installer un par un… Imaginez que je vais multiplier les installations par la suite, et que ce sera toujours aussi simple et rapide que ça, comparé à la recherche des sites sur le Web, aux multiples clics, aux installations laborieuses (Suivant/Suivant/décocher les spywares-adwares/Suivant/OK), non vraiment je vois pas pourquoi on devrait encore s’embêter avec Windows 🙂

Il ne manquera pas que ça bien évidemment, mais à part quelques exceptions (xampp, sublime, domoticz, jDownloader), qui me sont très spécifiques, tout passera par pacman. Il est peut-être un peu moins explicite que apt-get sous Debian, mais il fait son boulot. Dans le désordre des paquets qu’il me manquait, je citerait notamment net-tools (pour ifconfig, qui n’est pas installé), dnsutils (pour dig, pareil, mais je comprend mieux), htop, TrueCrypt (qui fonctionne exactement pareil sous Linux), Steam (oui oui, l’installation de Steam est possible directement sous Linux), dosbox (pour Warcraft 2, mais c’est pas urgent), OpenVPN, et… en fait je crois que c’est tout, à part quelques paquets spécifiques de développement qui m’ont servi pour Domoticz, qui doit être compilé au froid, contrairement à Windows qui a droit à sa version installable. Enfin bref, dans 99,9% des cas, mon besoin sera couvert par les dépôts de Manjaro, voire même par AUR. Et ça c’est cool.

KDE est trop fourni, et c’est pas un mal

L’avantage de KDE, c’est qu’il propose des programmes pour tout ou presque, du développement au multimédia à la bureautique, y compris la comptabilité personnelle, le mail, les différents mode de conversations instantanées… Bref, tout est fait pour avoir une expérience la plus intégrée et cohérente possible. Mais avec Firefox et Thunderbird, et en comptant le fait que certains services me sont inutiles (applications et services Web en lieu et place), je dois supprimer certains composants doublons. Ce n’est pas une obligation, mais autant avoir le système le plus clean possible. Exit donc akregator, kmail, blogilo (un utilitaire pour travailler sur WordPress, mais je passe directement par Firefox), et un ou deux autres dont j’ai oublié le nom et qui ne me sont d’aucune utilité. Par contre, dans les ajouts bienvenus, je garde Kopete (il m’a quand même fallu modifier le style de la fenêtre de discussion, trop moche), Ktorrent, Kget.

Le menu KDE, avec seulement la section Internet. Le reste est presque aussi fourni.

Le menu KDE, avec seulement la section Internet. Le reste est presque aussi fourni.

L’inconvénient de KDE, c’est qu’on a parfois peu de mal à s’y retrouver. A l’inverse de Gnome et de certains dérivés, il y a trop de paramètres, et pas toujours très bien rangés. Par exemple, pour configurer les notifications de Kopete, il ne faut pas aller dans les paramètres de Kopete, mais dans le centre de configurations, sections notifications. Oui, on a fait plus simple. Mais ce n’est pas mortel non plus, et tout comme il m’a bien fallu apprendre où se trouvaient certains paramètres de Windows, je continuerais mon apprentissage au quotidien.

Alors, c’est comment au final ?

« Mais pourquoi est-ce que j’ai une érection !? » dirait Mr Antoine Daniel. Non pas que Windows était horrible en comparaison, c’était même très fonctionnel au quotidien, mais cette installation récente m’a réservé pas mal de bonnes surprises. En tête, Firefox est plus fluide que sous Windows, avec la même consommation mémoire (et à 40 onglets ouverts, ça fait plaisir). Étant donné que c’est mon principal usage, c’est plaisant. Un peu plus moche par contre, contrairement à Thunderbird, qui lui aussi tourne avec son thème par défaut, et qui est très beau. C’est très étrange, mais ça fonctionne bien, y compris aussi pour les vidéos flash, alors… Oui oui, je n’ai plus les saccades que je constatais sous Mint et Fedora. Bonheur.

Deuxième très bonne surprise : la consommation mémoire. Malgré l’utilisation de KDE, là où Windows m’affichait une consommation de près de 3 Go avec mes applications ouvertes, eh bien c’est moitié moins avec Linux. Oui, Firefox consomme toujours autant, mais le reste du système est diablement plus léger. Pour donner un exemple, avec un Firefox à 470Mo + Thunderbird à 130Mo et un jDownloader à 330Mo, je n’en suis qu’à 1,6Go, là ou je dépasse allègrement les 2Go sous Windows. Avec Firefox qui peut tripler facilement de taille chez moi, c’est sympa. La conso CPU est elle à peu près équivalente pour les logiciels, ce qui fait que les températures sont au final les mêmes. Je n’ai pas encore de mesures à donner en matière d’autonomie, mais comme la batterie est gentiment sur le déclin, je pense pas que ça soit fiable. Et surtout : aucun freeze d’aucune sorte. La machine est disponible 24/7 sans broncher. C’est super !!!

Ensuite, en vrac, je l’ai déjà dit, mais la plupart des formats de fichiers sont supportés, aussi bien les archives (zip, rar, et j’en passe), que les documents bureautiques (Libreoffice est dans sa dernière version stable, okular est un très bon lecteur pdf et ebook), les formats audio et vidéos (merci VLC), bref, avant de tomber sur un fichier que je ne saurais pas ouvrir, j’ai de la marge. Et puis… Yakuake. Je ne sais pas comment j’ai pu me passer de cet utilitaire pendant ces trente dernières années (oui je sais je n’ai que 31 ans). Il remplit la même fonction que Konsole, à savoir fournir une console virtuelle pour le système, mais là, il apparaît sur une simple pression de touche, F12 par défaut, et se déroule depuis le haut de l’écran. Bref, c’est toujours disponible, et diablement pratique, car entre git, les connexions ssh, pacman, les possibilités qu’apporte la ligne de commande, il est impensable de perdre du temps à switcher entre les fenêtres.

migration-yakuake

Yakuake, avec mon KDE déjà « tuné »

C’est donc parfait ?

Bien évidemment non, mais les rares désagréments que j’ai pu constater ne suffisent pas à me repousser. Le mix des applications gtk/qt n’est pas des plus plaisants à regarder parfois, même si pour l’instant il n’y a que Firefox qui soit vraiment à pleurer. Mais les performances font vite oublier ce désagrément. Comme j’ai dit, l’absence d’un ou deux petits utilitaires qu’on s’attend pourtant à voir disponible d’emblée avec une distribution Linux, ifconfig en particulier (on a bien ipconfig sous Windows de base), est assez étrange. Pareil pour traceroute. Et comme pour les langues, les paquets pour la lecture de DVD (libdvdcss et libdvdnav), inclus sur le ‘live’ ne sont pas installés d’emblée.

Un autre point que je trouve assez dégueu et qui n’est pas près de changer, concerne le nommage des interfaces réseaux. Sous Debian, avec un init « classique », c’est eth0 pour l’Ethernet, wlan0 pour le WiFi, bref, c’est simple à comprendre. Avec Manjaro qui utilise un noyau plus récent et systemd, c’est enp2s0 pour l’Ethernet, wlp3s0 pour le WiFi. Bref, c’est laid et pas facile à retenir quand on doit le spécifier pour un tcpdump par exemple. Toujours lié à systemd, je ne sais pas encore comment on gère le démarrage des services. J’apprendrais bien, et j’ai pas le choix, la prochaine version de Debian mangera aussi du systemd (au détriment d’un système portable à l’esprit unix, qui il faut l’avouer commence à accuser son age).

L’intégration de sudo n’est pas parfaite, certains utilitaires pourtant graphiques demandent le mot de passe root, qui par défaut n’est pas défini, et donc ne fonctionnent pas. Ça se règle assez vite, pour ma part j’ai opté pour un :

D’ailleurs par défaut il est possible de se logger avec l’utilisateur root au démarrage, ce qui n’est pas super prudent. C’est réglable dans les options.

Et c’est à peu près tout pour l’instant. En tout cas c’est ce que j’ai pu voir jusqu’ici. Il me manque encore quelques outils qui seront un peu plus difficiles à remplacer (je pense au couple dvddecrypter/handbrake notamment, mais je ne l’utilise pas souvent non plus). Je garde sous la main mon clone avec dedans surtout toutes ses données, au cas où. Il y a quelques réflexes windowsiens que je dois encore minimiser de mon côté, et de nouveaux raccourcis à trouver pour certains ‘tricks’ que je pratique souvent. Bref, rien que de très normal quand on change entièrement de système.

Et donc maintenant…

Maintenant, j’ai à peu près tout réinstallé, et je peux reprendre une activité normale. Sinon, attendez vous, à l’image de l’article sur les clés SSH, à voir pointer quelques articles sur comment faire la même chose que sous Windows. En premier lieu, je pense à l’article sur le téléchargement de vidéos Youtube pour le salon. Avec l’utilisation quotidienne de sudo, je pense que je vais tenter l’installation sous Debian, et donc vous en saurez probablement plus. Par la suite, je verrais bien.

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