Quel système d’exploitation je recommanderais ?

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En fait, cette question n’est qu’une partie d’un message reçu récemment sur Twitter, celle qui de plus me semble la plus compliquée à traiter. Parce que si le choix est une des forces qui anime le monde de l’open-source et du libre, c’est aussi une de ses plus grandes faiblesses pour les nouveaux arrivants.

Pour rentre à César ce qui lui appartient, voici le tweet en question :

Pour le système d’exploitation que j’utilise moi-même, j’évacue tout de suite, c’est Manjaro Linux, avec le bureau Cinnamon sur mon laptop principal, et XFCE sur le Chromebook récemment ressuscité ainsi que dans la machine virtuelle que j’utilise sur mon installation Windows pour gérer mes connexions SSH sans avoir à changer de machine. Mais c’est un système d’exploitation basé sur ArchLinux, qui demande quand même de solides connaissances au quotidien, surtout lorsqu’il s’agit de sortir des clous. Et pour les visiteurs les plus récents sur le blog, j’avais relaté tout le parcours initiatique qui m’a mené à la découverte de cette distribution dont je suis tombé amoureux.

Comment séparer les critères de sélection ?

En effet, certains vont classer par niveau global de l’utilisateur visé, de philosophie (guéguerre de fixed/rolling), de bureau (guéguerre Gnome/KDE), d’autres vont nous rebâcher l’anti-systemd-isme primaire, de format de paquets… Vous vous souvenez en introduction quand je disais que le choix c’était un problème ? Il peut l’être aussi même quand on est habitué 🙁

Pour ma part j’ai envie de me concentrer sur quelques éléments particuliers : les besoins de l’utilisateur, son niveau d’expertise, et son matériel. Pourquoi ? Depuis que je participe régulièrement aux Premier Samedi du Libre, je constate souvent, pour les gens qui reviennent après avoir été « libérés », qu’au moins deux de ces points sont trop souvent oubliés par les installateurs. Avant de rentrer dans les choix possibles, détaillons un peu chacun des critères.

Les besoins de l’utilisateur

Avant même de dire qu’on va virer un système pour le remplacer par un autre, il convient de faire un état des lieux des usages en cours. Par exemple, si vous êtes un accroc à l’application Kindle d’Amazon et que certaines fonctionnalités vous sont indispensables, vous ne pourrez pas retrouver ça sous Linux simplement, car l’application n’existe pas. Vous utilisez des tableaux avancés dans Microsoft Excel ? Ils ne s’ouvriront probablement pas correctement sous LibreOffice malgré les efforts des développeurs pour assurer une compatibilité avec les formats simili-ouverts du géant américain, ce qui vous forcera soit à refaire vos tableaux, soit bosser en ligne (Office 365, payant), soit tenter votre chance avec Wine, ce que je ne recommande pas.

Dans les outils de communication ce n’est pas toujours la joie non plus, et par exemple vous serez déçu de ne pas avoir d’application Whatsapp (découverte récente du dernier PSL), il est toutefois possible de tenter le coup avec la version web, mais je vous laisserai tester, notamment si vous utilisez un autre navigateur que Chrome/Chromium, étant donné la feignantise des développeurs avec la plupart des outils webrtc qui fonctionnent mal avec Firefox parce que le navigateur n’est tout simplement pas testé… Si par malheur comme moi votre employeur utilise Office 365 et donc Skype Business comme outil de communication, y compris comme passerelle téléphonique, à part une application développée en Inde et dont la licence vaut 50$/an par utilisateur pour être exploitable, c’est mort.

Voilà donc ce qu’il faut faire avant de se dire qu’on va péter du Windows, inventorier tout, et ça va aussi avec le matériel qui est utilisé.

Le matériel, mais pas seulement le PC

Ça aussi c’est un oubli plus que fréquent et pourtant, quand on a un peu d’expérience on sait que ça peut vite être l’enfer avec des fabricants qui ne jouent pas le jeu. Il est certes très facile de faire un premier essai du PC via une clé USB, ça permet de savoir comment on doit s’en sortir par la suite s’il manque un ou deux bouts de périphériques parce que les firmware ne peuvent pas être redistribués avec le noyau (coucou Broadcom de m….e, qu’on retrouve chez Apple et Dell notamment). Mais souvent les personnes ne pensent pas nécessairement à apporter leurs périphériques autres, et ça peut être une webcam dédiée de meilleure qualité que celles intégrées dans les laptops, des périphériques gaming dont le support sera très aléatoire (même si ça s’améliore, une fois encore pas toujours du fait des fabricants), une tablette de dessin obscure, ou, le problème le plus courant, une imprimante multi-fonctions.

Et même les plus amicaux en matière de support, HP en tête, se prennent les pieds dans le tapis parfois, à l’image des dernières versions de leurs packages qu’ils destinent à CentOS/RedHat, dans lequel ils listent une dépendance inexistante, bravo. On a ceux qui font un package par modèle d’imprimante, alors même qu’une série se base sur le même matériel et donc pourrait unifier le support pour simplifier la vie aux utilisateurs, ceux qui n’ont tout simplement pas envie de considérer un autre univers que Windows et MacOS, et pourtant… MacOS utilise CUPS, l’a racheté à cette fin et le maintient de manière ouverte (pour le moment), ce qui permis à l’univers Linux de bénéficier de tout le travail de simplification de l’installation, ce que j’ai pu constater moi-même avec l’imprimante réseau de ma mère, dont j’ai pu utiliser tous les éléments (imprimante et scanner), en quelques clics sans forcer : détection, installation du pilote, tests imprimante, test scanner, ça fonctionne presque mieux que sous Windows où le scanner ne fonctionne désormais plus qu’une fois qu’on a imprimé quelque chose, magie magie… La réflexion est un peu moins pertinente pour des imprimantes 3D, car dans beaucoup de cas désormais celles-ci sont indépendantes et reposent sur des formats de fichiers documentés et facile à produire sous Linux, fichiers qu’on dépose ensuite sur carte SD à fournir à l’imprimante qui bosse alors toute seule.

C’est beaucoup, beaucoup plus rare, mais sur mon PC de bureau j’ai également eu droit à un joli raté de ma carte graphique Nvidia de l’époque avec le pilote propriétaire, sur la détection en DVI des résolutions et fréquences de rafraîchissement supportées par mon écran principal d’alors, un 22″ LED full HD, pour lequel toutes les distributions testées alors me proposaient uniquement du 640×480, soit une résolution très basse, qui n’est pas 16/9°, autant dire inexploitable. Et l’écran n’est pas nécessairement en cause, en VGA ça fonctionnait parfaitement, mais on voyait bien que la conversion numérique/analogique n’était pas au top, l’image étant légèrement plus floue (testé sous Windows ET Linux).

Ah, je ne l’ai pas évoqué non plus mais l’âge du matériel est à prendre en compte. Trop ancien, les pilotes risquent d’avoir disparu du noyau faute de mainteneur (la moitié des cartes Wifi de l’ère Centrino en témoigne, Intel les ayant abandonné faute de développeurs connaissant le matériel pour le maintenir). Trop récent, les pilotes risquent de ne pas exister du tout, ou alors en version expérimentale dans une version du noyau qui n’existe pas encore packagée pour le système d’exploitation. J’en avais moi-même fait les frais avec mon laptop LDLC, la plateforme Broadwell venait de sortir, j’ai mis six mois à avoir une mise en veille qui fonctionne sans planter à la sortie, et c’était soit écran noir, puis écran mais plus de WiFi, à devoir éteindre l’ordinateur car le matériel était bloqué en sommeil… D’ailleurs je n’ai jamais pu dépasser la version 4.9 du noyau sur cette machine, toutes les versions suivantes provoquaient des instabilités.

Et encore, dites vous que la situation est bien meilleure qu’il y a quinze ans, où j’avais du compiler à la main le pilote de ma carte réseau pour qu’elle soit supportée, ensuite c’était une nouvelle révision du Realtek 8139 qui n’était pas supportée (la D, alors que la C était pleinement opérationnelle), bref c’était une autre époque. Tout ça pour dire que là aussi il faut donc faire un inventaire le plus exhaustif possible avant de se lancer, ou être conscient qu’il faudra soit réadapter son matériel (typiquement, mieux choisir son fabricant et ses modèles d’ordinateur portable, son imprimante, ), soit passer du temps pour adapter le logiciel (changement de noyau, compilation manuelle de modules, etc).

Le niveau de l’utilisateur

C’est peut-être le point le plus important au final. Il faut savoir que la majorité des personnes qui possèdent un ordinateur le subit au quotidien, n’arrivent pas ou pire ne veulent pas faire l’effort d’apprendre à le contrôler pour arrêter justement de le subir. Dans ce cas-là, même avec un inventaire logiciel bien préparé, avec les alternatives les mieux adaptées sélectionnées, la période d’adaptation peut s’avérer douloureuse quand on n’arrive pas à faire l’effort mental de chercher sa fonctionnalité dans un autre menu que celui qu’on a mécaniquement mémorisé. Si si, j’ai entendu des personnes astreintes à l’utilisation intensive d’outils Microsoft pester quand certaines fonctions ont changé de menu, sous prétexte qu’elles avaient l’habitude de les trouver à un endroit et que pour elles ça ne parait pas logique des les déplacer ailleurs. Un sujet sur lequel Cyrille pourrait en dire bien plus avec le personnel de son collège/lycée tiens, qui en reste à Office 2007 justement pour cette raison 🙂

Un exemple ? Le pompon même. Un jour une dame d’un age certain pense qu’on peut installer Linux sur son ordinateur pour empêcher sa fille de s’en servir et d’installer tout et n’importe quoi. C’est pas faux, mais c’est faisable aussi sous Windows, et à force de discuter avec elle et de voir qu’elle était déjà bien en souffrance avec son ordinateur sous Windows (elle ne comprenait même pas la notion de navigateur web), j’ai préféré ajouter un peu de configuration multi-utilisateurs sur son Windows et ne rien bousculer d’autre. En effet, si elle est déjà perdue et ne sait pas se servir de son Windows, vu l’état de l’expérience utilisateur sous Linux (au mieux équivalente, souvent pire), il était impossible d’améliorer la situation pour ce qu’elle voulait faire. Dites vous qu’elle ne sait plus « créer de dossier depuis le passage de Windows 8.1 à Windows 10 », parce que l’interface a changé de couleur. Oui, on en est là, et cette personne est loin d’être seule, et ce n’est pas lié à son âge.

Cette faiblesse trop courante du niveau de l’utilisateur pourra être en partie compensée si son parc logiciel est déjà bien préparé, typiquement, quand j’avais procédé à mon propre inventaire, la plupart des logiciels que j’utilise, en dehors de quelques jeux, sont des logiciels open-source et/ou multi-plateformes, donc même sans avoir mon niveau d’adaptation, se dire qu’on utilisera le même navigateur web (80% des usages sur PC de nos jours), le même lecteur audio/vidéo, la même suite bureautique, le même client mail, le même client vpn, les mêmes outils de communication et de téléchargement, ça rassure pas mal.

Ce niveau sera aussi à pondérer dans le choix d’un système d’exploitation, car la communauté qui porte ledit système sera essentielle le jour où l’utilisateur sera en difficulté pour arriver à ses fins, parfois sur des trucs aussi bêtes que changer la sensibilité d’une souris ou activer le tap-to-clic d’un touchpad, fonction dont je ne comprend pas la désactivation par défaut sur la plupart des systèmes, alors que ça devrait être de base ! En effet, si on choisit un système certes léger, mais à l’interface très peu ergonomique, et utilisée par dix personnes dans le monde, alors trouver une information qui n’est pas nécessairement triviale ou documentée relèvera du parcours du combattant, et l’utilisateur en sera alors réduit à subir de nouveau son appareil, ce qui n’est pas le but recherché.

Bon alors du coup, on choisit quoi ?

On a défini les critères, mais je vais faire un aparté sur quelques spécificités sans solution. Si vous avez un Macbook, restez sous MacOS, il n’y a pas meilleur support matériel, à moins d’avoir une machine ancienne dont on a su dégrossir les angles saillants comme la webcam ou l’autonomie. Ensuite, si vous envisagez l’achat d’une machine pour y installer Linux, essayez de trouver un modèle fourni sans système. D’une part ça économisera un peu en évitant de filer de la tune pour rien à Microsoft, de plus, ça permettra de disposer d’une machine par nature plus ouverte à l’installation de n’importe quel OS en comparaison avec les machines pré-installées sous Windows dont les UEFI sont souvent presque verrouillés pour ne pas vous laisser le contrôle. Comme sur Smartphone. Enfin, en lien avec l’inventaire des logiciels et usages, s’il y a des points bloquants comme certains jeux vidéos, restez sous Windows.

Ceci étant posé, il est temps de se plonger dans le vif du sujet. Je vais tenter de rester concis, mais vous me connaissez, ça peut déborder vite…

Si votre machine a entre deux et huit ans

Je privilégierai, par ordre de niveau de connaissances du moins musclé à Mr Univers :

  • XUbuntu LTS
  • OpenSUSE Leap (KDE)
  • ArchLinux (ou Manjaro si vous êtes un gros feignant comme moi)
  • Gentoo (si vous avez beaucoup de temps et de puissance de calcul)
  • Linux From Scratch

Je n’ai précisé le bureau que pour les deux premiers paliers, par principe je considère que dès qu’on cherche à installer ArchLinux, on sait quel bureau on veut utiliser, ou en tout cas on sait s’adapter à pas mal de situations et donc au bureau qu’on utilise. XUbuntu utilise le bureau XFCE, qui paraîtra un peu austère, mais l’ergonomie est la plus proche qu’on peut trouver de Windows, surtout avec le menu Whisker qui devrait être par défaut. Le support LTS permettra de ne pas se soucier de mises à jour majeure pendant une longue période (la dernière a soufflé sa première bougie, elle en a encore six voir), et l’univers Ubuntu étant très populaire, il sera très facile de trouver de l’aide, voire même une solution déjà documentée sur un problème. OpenSUSE Leap est une bonne alternative avec un bureau un peu plus gourmand, mais l’intégration faite par les allemands, notamment pour les applications qui ne sont pas orientées KDE comme Firefox et Thunderbird, est remarquable. Cependant, la communauté est plus restreinte, les disponibilités logicielles peuvent aussi être moins larges, donc un peu plus d’effort sera peut-être à fournir. Si le bureau KDE vous intéresse il existe bien une variante Kubuntu, il faudrait que je repasse dessus mais la dernière fois que j’avais essayé la stabilité n’était pas top.

Au passage, si possible j’évite Gnome comme la peste, il ne donne pas assez de contrôle sur ce qu’on peut faire avec et j’ai vu pas mal de monde souffrir face à lui; moi également, mais je finis souvent soit par trouver ce que je cherche, soit par découvrir que ce n’est pas possible. Et même chez Canonical ils n’arrivent pas à lui faire faire tout ce qu’ils voudraient avec, mais comme ils préfèrent abandonner leurs propres solutions, j’ai envie de dire qu’ils l’ont cherché.

Au niveau de l’univers ArchLinux, si vous rencontrez des problèmes avec un noyau trop récent, Manjaro propose des outils bien pratiques pour tester et basculer rapidement sur plusieurs noyaux, là où vous devrez vous débrouiller tout seul sous ArchLinux pour arriver au même résultat :

L’installation tient ensuite en une ligne, et au reboot vous pouvez aller sélectionner le noyau que vous voulez (le plus récent est sélectionné par défaut). En contrepartie, il arrive que des mises à jour soient retardées chez Manjaro, pour trouver un moyen de préparer autant que possible le terrain quand certains paquets sont susceptibles de poser problème (mise à jour majeure qui change de dépendances, de format de fichier de configuration, de chemins, etc).

Enfin, Linux From Scratch est beaucoup plus destiné à l’apprentissage qu’à un usage quotidien (sauf si vous êtes fous), car son principe est d’installer chaque composant en compilant tout à la main, étape par étape, là où Gentoo propose un gestionnaire de paquets qui permet d’avoir un minimum de sécurité quant aux dépendances à utiliser.

 

Si votre machine a moins de deux ans

Ben en fait, on va retrouver pas mal de monde, ce qui va être logique :

  • XUbuntu 18.04 LTS
  • Fedora
  • ArchLinux (ou Manjaro si vous êtes un gros feignant comme moi)
  • Gentoo (si vous avez beaucoup de temps et de puissance de calcul)
  • Linux From Scratch

Je laisse XUbuntu LTS en tête car malgré une version qui parait un peu ancienne du noyau, Canonical importe des éléments de support matériel supplémentaire de noyaux plus récents, ce que fait également RedHat/CentOS (ce qui fait que leur noyau 3.10 est un joli frankenstein en 2019). Mieux, dans la durée de vie de la distribution, le noyau est régulièrement mis à jour vers une version plus récente, selon un modèle appelé LTS Enablement Stack, qui consiste à récupérer le noyau et/ou le serveur graphique (ainsi que quelques autres dépendances si besoin) des distributions non-LTS sorties entre temps pour améliorer le support au cours de la vie de la distribution. En résumé, si vous installez XUbuntu LTS 18.04.2, celle-ci utilisera le noyau de la 19.04, ce qui sera bien plus rassurant sur le support matériel.

J’ai choisi de remplacer OpenSUSE par Fedora car le noyau embarqué risque de poser plus de problème avec du matériel trop récent. Fedora est un système dont les nouvelles versions sortent fréquemment (9 mois), avec une volonté de fraîcheur logicielle vraiment forte avec une communauté bien active même si plus restreinte que sur Ubuntu, elle existe en version KDE qui donnera plus de contrôle que Gnome, même si l’intégration n’est pas forcément d’aussi bonne qualité. L’offre logicielle est assez large, mais elle est un peu plus rugueuse, à priori du même niveau qu’OpenSUSE je dirais.

Quand aux autres OS, de par la fraîcheur des paquets, et donc le noyau, le support sera facilement assuré, et dans les cas les plus exotiques, eh bien ma foi, si vous vous aventurez dessus soit vous savez ce que vous faites soit vous avez la volonté de chercher les solutions et de mettre méchamment les mains dans le cambouis.

Pas de Debian, Mint, Parabola & co ?

Ça parait gonflé, moi qui n’utilise que du Debian sur mes serveurs persos, qu’ils soient hébergés chez un professionnel ou chez moi. Mais justement, ce sont des serveurs, et là on parle de machines qui ont besoin d’afficher autre chose que du texte brut en gris clair sur fond noir. Debian est intéressante sur quelques points, la stabilité à tout prix, et la disponibilité sur un nombre d’architectures assez impressionnant et peu courant. Mais le prix justement de tout ça est une offre logicielle limite déjà dépassée à sa sortie pour des machines destinées à la bureautique et au jeu récent, autant dire qu’au bout de deux ans c’est naphtaline à tous les étages.

Pour Mint, j’ai vu plusieurs fois les priorités changer en termes de suivis de paquets par rapport à Ubuntu, j’ai donc du mal à la recommander, mais c’est une distribution tout à fait capable, elle est d’ailleurs celle qui est à l’origine de l’environnement de bureau Cinnamon, que j’utilise actuellement sur Manjaro, vous pouvez donc tout à fait la tester et pourquoi pas l’adopter, dernièrement ils ont fait le choix de n’utiliser que des bases Ubuntu LTS, la philosophie de base reste la même.

Parabola, Trisquel et compagnies ont des buts louables, mais ce ne sont pas des OS destinés à des êtres humains. Comprenez, moi aussi j’aimerais que tout le matériel soit exploitable avec du logiciel 100% open-source (voire libre, encore que la différence est floue pour les béotiens), mais ça ne sera probablement jamais le cas tant que ce sont des sociétés devant faire du bénéfice, et donc protégeant leurs travaux pour en tirer profit, qui concevront le matériel. Et donc ces distributions ne pourront jamais être utilisables par le commun des mortels, parce que trouver la matériel compatible est un enfer.

Pour tous les autres OS, je vous laisse faire une check-list de leurs faiblesses et cocher celle(s) qui permet de comprendre pourquoi je ne les mentionne pas. J’ai aussi volontairement laissé de côté les systèmes spécialisés pour me concentrer sur des usages plus généralistes. Pour des besoins spécialisés, éducation, créations audio, il y a de quoi faire, très souvent basé sur une des distributions que j’ai pu mentionner, en terme de support on est donc souvent sur du bon.

Et les autres questions ?

Les autres questions du tweet feront l’objet d’un autre billet, celui-ci fait déjà plus de 3300 mots, ce qui est bien suffisant. En guise de teasing, l’open-source consiste au minimum à publier le code du logiciel que l’on développe, plutôt que de le garder dans son coin. Par exemple, si Microsoft publie le code de l’éditeur Visual Studio Code, ce n’est pas le cas de son environnement de développement Visual Studio qui lui reste un monstre entièrement fermé. La suite dans un prochain article, où on parlera contribution, communautés, modèles financiers…


PS : Ces recommandations ne sont évidemment pas absolues, elles sont en grande partie basées sur ma propre expérience des distributions. Sur serveur, j’ai eu l’occasion de manipuler du Debian, du CentOS, du RedHat, de l’Ubuntu, du SunOS, et très occasionnellement d’autres trucs un peu exotiques. Sur client, j’ai commencé avec du KDE2 à l’époque sur Mandrake 8.2, jusqu’à Mandriva 10.2, puis tentative de Debian (XFCE et Gnome), Ubuntu (Gnome, LXDE, et Unity), jusqu’au parcours qui a abouti à mon utilisation quotidienne de Manjaro depuis plus de quatre ans (KDE, XFCE, Deepin, Cinnamon). Je n’ai pas la science infuse, si vous pensez que d’autres distributions pourraient avoir leur place intermédiaire dans mes classements, vous savez où sont les commentaires 🙂

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jojo
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jojo

Salut, je pense que tu devrais te pencher sur MX Linux[1], cette distribution dont la popularité fulgurante ne fait qu’augmenter (n°1 sur distrowatch devant manjaro et mint) est à Debian ce que manjaro est à arch ou linut mint à ubuntu. Basée sur debian, issue de la fusion de mepis et antix, elle dispose d’une documentation fournie et à jour ainsi que d’une communauté active et accueillante. Elle vient avec la plupart des bons choix par défaut et préinstallés, ajoutant des outils pour simplifier la prise en main et l’usage au quotidien. Elle fonctionne depuis une clé usb. Bref, essaye… Lire la suite »

alkiros
Invité
alkiros

Bonjour,
Entièrement d’accord avec toi. Voilà bientôt 6 mois que je l’utilise en paralèlle à Manjaro, et j’en suis de plus en plus satisfait. Pas un seul problème majeur depuis, des mises à jours qui se font presque toutes seules, bref, une distribution à tester.
Le seul petit problème pour moi, c’est la communauté française qui est un peu réduite.

Emma Indoril
Invité
Emma Indoril

Merci pour ce petit billet. J’aime bien ton axe de réflexion, consistant à partir des besoins de l’utilisateur, et de sa « personnalité ». J’ai appris a prendre en compte ce genre de problématique en faisant migrer de force des gens qui n’étaient pas et ne serons jamais prêts. On apprend en se trompant, pas vrai ? A titre personnel, je jongle avec Mint, qui a l’extrême avantage de proposer un système (presque) « tout prêt » , avec un bureau qui rappelle windows aux petits nouveaux… C’est très sécurisant. Récemment, j’ai eu l’occasion de fréquenter une Ubuntu 18.04, et j’ai été agréablement surpris… Lire la suite »

Mouarfff
Invité
Mouarfff

En plus de 15 ans de linux, j’ai jamais forcé quelqu’un a y passer (inciter, faire mon pitch oui, evidement). C’est une attitude vraiment mauvaise. pas tant sur le fait de se tromper parce que le systeme n’etait pas pret, mais par le fait d’imposer sa volonter a autrui. Personnelemnt, j’en ai fais passer beaucoup a linux, en procedant avec la methode indiquée dans l’article, mais je l’ai toujours fais, pendant que j’ai vu tout ces geeks casser les ordis des gens soit disant pour leur bien !!! Combien de fois il m’est arrivé de me voir retourner un ordi… Lire la suite »

Cascador
Invité
Cascador

Excellent article camarade 😉

Tcho !

Starfight
Invité

Je suis récemment passé d’Ubuntu à Manjaro et je ne peux qu’être d’accord avec ton article. Certes cela demande plus de maitrise de l’environnement Linux mais il y a tellement plus de flexibilité (et je ne pouvais plus supporter Gnome sur Ubuntu 18.04). J’aime beaucoup le pragmatisme de l’article et je tenais à t’en remercier, ça change véritablement de ceux qui veulent nous convaincre à tout pris qu’une distrib est la meilleure et qui ne peuvent pas comprendre pourquoi il existe des cas où on ne peut pas faire sans Windows. Enfin je met mon petit grain de sel avec… Lire la suite »

antistress
Invité

Pour Debian, tu peux le proposer pour sa stabilité et proposer en complément l’installation de versions récentes de quelques logiciels qui le nécessitent via flatpak (libreoffice, firefox, etc par exemple). Tu auras stabilité ET nouveauté !
cf mon billet http://libre-ouvert.toile-libre.org/index.php?article200/debian-9-stretch-fromage-et-dessert

Cyrille
Invité

Je rajouterai un point que tu éludes, celui du gars qui va se taper les problèmes au cas où. Je laisse les gens sous Windows, il y a toujours des prestataires de service qui sont rémunérés pour la décontamination plutôt que d’être la bonne poire qui dépannera Linux gratuitement.

NicK
Invité
NicK

C’est pas faux.

Flol
Invité
Flol

Un bon choix lorsque l’on a commencé à mettre les mains dans le camboui (et que l’on apprécie de contrôler la machine plutôt que de faire perdurer la situation inverse…) et que l’on dispose d’un matériel récent qui prend en charge la virtualisation : Qubes OS.
Compartimentalisation des usages + fiabilité Debian + fraîcheur Fedora + anonymisation Whonix, le tout dans une seule distribution !

NicK
Invité
NicK

« le problème le plus courant, une imprimante multi-fonctions. »
Je confirme avec mon Epson multi-merde.
Imprimante OK
scanner : j’ai du bidouiller dans la config. KO

Pas de Mint Mate.
Je prépare un gros bûcher pour toi. 😛

Nicolas Simond
Invité

Hello,

En fait (en tout cas sur Arch / Manjaro) WhatsApp est disponible depuis AUR : https://aur.archlinux.org/packages/whatsapp-nativefier/

Je m’en sers tous les jours au taf, ça marche super bien 🙂

Buzut
Invité

Perso, je suis assez fan de SolusOS qui propose une ergonomie vraiment proche de ce que fait Apple, est très stable et permet un usage a 100% sans CLI. Apres, on peut quand même faire ce que l’on veut dessus si y’a besoin de dev.
Et oui WhatsApp web fonctionne très bien sur Firefox.

Marin
Invité
Marin

Hello,
Pareil pour moi, je suis assez surpris de ne pas trouver Solus dans ta liste. C’est frais, « from scratch » et le desktop Budgie est vraiment joli. Ça plaît ou non mais perso entre Manjaro et Solus, pour moi c’est kif-kif.

Ewdoc
Invité
Ewdoc

Merci pour cette article 🙂

hfarner
Invité
hfarner

Bravo pour cet article, après mandriva je suis resté fidèle à Ubuntu toujours en lts 8.04 à la 18.04,avec gnome et j’ai été plutôt satisfait, le seul problème c’est les CG Ati ou Nvidia optimus grrrrrrrr ! Même si cela s’améliore.
la je viens de passer d un Asus à un Mac bookpro, car j’en avais marre de me balader 2 machines sur le dos.
J’ai hâte de mettre un Linux dessus, mais je sais que je vais m’arracher les cheveux..

En tout cas comme c’est l’heure des changements, j’ai bien envie de tester Manjaro ou MXlinux

Merci encore

I ♥ GNU/LINUX