Pourquoi vous devriez arrêter d’utiliser Chrome

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closeCet article a été publié il y a 3 ans 10 mois 7 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées, les commandes ne sont peut-être plus valides.

Vous l’aurez remarqué, je peste assez souvent contre Google Chrome, mais à me relire, je n’ai jamais détaillé les griefs que j’ai contre lui. On va donc plonger un peu dans les entrailles du mal, histoire que vous découvriez à quel point ce logiciel est mauvais pour vous. Et évidemment comment s’en sortir. Un article probablement trollesque qui « prolonge » celui de Julien de Computerz.solutions qui a rebasculé sur Firefox.

Je ne vais pas argumenter sur les histoires de part de marché. Le fait est qu’à l’heure actuelle, le premier navigateur au monde reste Internet Explorer (plusieurs versions différentes), mais qu’il n’est plus seul. Aussi, le reste du gâteau se répartit entre ce que j’appellerais la galaxie Chrome, puis vient la famille Mozilla, et une nuée de petits acteurs qui tentent de suivre avec certains objectifs précis. Bref, une diversité regroupée derrière le W3C, ce qui permet en 2015 d’avoir un web bien plus homogène qu’en 2004 (date de sortie de Firefox, et début du déclin d’IE).

Chrome s’installe comme un malware sous Windows

En effet, Windows (du moins à partir de Vista) dispose de multiples restrictions concernant l’installation, et la modification des programmes qu’on lui fournit, afin de renforcer leur sécurité. Entre autres choses, il demande l’autorisation à l’utilisateur en cas de tentative d’accès à un dossier « protégé », ce qui est le cas du fameux dossier « Program files » (et son frangin x86 si vous avez un Windows 64 bit), où doivent normalement s’installer tous les programmes.  Sous prétexte de procéder à des mises à jour « silencieuses », Chrome s’installait dans un passé pas si lointain dans le dossier AppData, qui lui n’est pas protégé, puisqu’amené à être modifié en permanence par les applications. Ce comportement, on le retrouve chez beaucoup de spywares, d’adwares, bref, de saloperies pour lesquelles je vous ai indiqué une procédure de désinfection. Sauf qu’évidemment, personne ne considère Chrome comme un méchant.

Bref, y’a du mieux, mais Chrome ne respectait pas votre environnement de travail, et les sécurités qui vont avec. Ça fait un premier très mauvais point, car comme tout navigateur, Chrome pourrait être sujet à des failles de sécurité (ils ont même un programme de chasse aux bugs pour ça). Ces failles pourraient entraîner l’installation aisée de saloperies, puisqu’ils peuvent ajouter/modifier du contenu du dossier sans demander la permission. Un comportement suspicieux, même si corrigé depuis un bon moment maintenant.

Le problème continue de se poser là : Chrome est fourni avec plusieurs logiciels gratuits, de ceux qui vous pourrissent une machine à moins de les fuir comme la peste, et pire, s’installe « silencieusement » comme navigateur par défaut, histoire de bien capter le comportement de l’utilisateur. Moralité, Firefox, qui joue le jeu du respect de l’utilisateur, perd des « clients » mois après mois.

Chrome embarque Flash

Sans aller jusqu’à avancer qu’il faut que Flash meure (et encore, ça serait vraiment pas un mal), le problème est qu’il est très prisé des concepteurs de malwares pour l’exploitation de nombreuses failles (et des publicistes pour leur gestion « masquée » des cookies). Sauf qu’à la différence de Firefox pour lequel le plugin est à part, l’inclure dans Chrome vous oblige à attendre en plus après l’intervention de Google pour la mise à jour. Et comme celle-ci est silencieuse, vous ne savez jamais si vous êtes réellement en sécurité ou pas.

Sous Linux c’est bien simple, en dehors des grosses failles, Adobe a arrêté le développement du plugin externe. Sauf si vous utilisez Chrome. Sympa pour tous les autres qui utilisent un navigateur qui les respecte. Par chance, pour l’instant vous pouvez encore le désactiver, mais jusqu’à quand ? Ce qui m’amène au point suivant.

Chrome n’est pas open-source

Ben oui, Chrome n’est pas un logiciel open-source (et donc pas à fortiori un logiciel libre), contrairement à la base qu’il utilise, Chromium. Donc vous ne pouvez pas comprendre de quelle façon il fonctionne. De la même façon, vous ne pouvez pas le modifier pour corriger un comportement qui ne vous plaît pas. Le seul pouvoir réside dans les mains de Google, et non pas dans les vôtres. Hors, le logiciel libre est le seul moyen que vous avez de conserver le maximum de contrôle sur votre machine. Après tout, c’est comme ça que ça doit se passer, et pas l’inverse.

Comme j’ai dit, Google utilise Chromium comme base pour son navigateur. Mais personne ne peut contrôler ce qu’ils ajoutent/retirent avant de sortir une version de Chrome. Le comportement au regard de la synchronisation est assez parlant.

Google vous sniffe sévère ce que vous voudriez garder caché

Un point qui découle du précédent, et qui est à rapprocher à la fois du comportement d’Android, et de celui d’Apple qui a été mis en lumière avec l’affaire du CelebGate. En effet, le logiciel vous incite fortement à renseigner votre compte Google (ou à en créer un le cas échéant), en mettant en avant les possibilités de synchronisation des favoris, de l’historique, histoire de retrouver ça sur vos autres appareils. Ce qu’il ne dit pas, (enfin ne le disait pas jusqu’à récemment), c’est qu’il siphonnait tranquilos vos mots de passe, donnée privée s’il en est. Oui, sans vous demander l’autorisation, puisque c’est le comportement par défaut. Les mots de passe, ce qui s’avère peut-être l’information la plus sensible devant l’historique de navigation, étaient regroupés dans un « autres paramètres » laconique. Et aucune garantie sur la sécurité apportée au stockage de ces mots de passe évidemment.

Ce n’est pas comme si les affaires sur les vols de données ne se multipliaient pas de jour en jour. Rien ne garantit que Google ne sera pas atteint un jour. Et vous n’avez que peu de contrôle là-dessus, à part faire l’effort que personne ne fait, à savoir analyser le comportement avant de l’accepter ou non.

Google décide du contenu que vous pouvez regarder

Là aussi, c’est logique, puisqu’ils fournissent un dépôt d’extensions, ils sont seuls juges de ce qui peut être installé par dessus Chrome. Si jusqu’à récemment vous deviez obligatoirement saisir un compte Google pour installer des extensions, ce n’est plus le cas désormais. Mais encore une fois, rien d’extravagant là-dedans, Apple, Microsoft, et Google sur Android font de même. Un problème qu’on rencontre sur la plupart des plateformes, c’est qu’ils vous interdisent certains comportements qui pourtant sont destinés à vous laisser le contrôle sur votre expérience utilisateur. D’autant plus que depuis Chrome 33, seul le « Chrome Web Store » permet d’installer des extensions.

En tête de celle-ci, les bloqueurs de pubs. Pour l’instant, ils sont encore tolérés dans Chrome, mais avec la majorité des sites utilisant Google AdSense, leur régie pub, il est évident qu’ils ne vont pas laisser indéfiniment leurs utilisateurs les couper de leur argent. Ils ont déjà été purgés d’Android, ils sont interdits chez Apple, probablement pareil chez Microsoft (quand c’est seulement possible, puisqu’on ne passe que par des API sous le seul contrôle des éditeurs). Hors, au delà du confort que l’absence de pub apporte à la navigation web (temps de chargement réduit, bande passante économisée sur connexion mobile, un peu plus de « vie privée »), c’est bien la sécurité que je vise avec ce type d’outils : nombreuses sont les publicités directement infectées, ou incitant à se rendre sur des pages infectées.

Effet de bord : quand Google décidera-t-il de vous empêcher d’utiliser d’autres moteurs de recherche que le sien au sein de son navigateur ? Après tout, ils sont seuls décideurs, vous ne faites qu’accepter des conditions d’utilisation que vous ne lisez pas…

Google s’approprie votre contenu

Plus nébuleux, mais toujours les fameuses conditions d’utilisation que vous devez accepter pour utiliser le logiciel. Google, pendant un temps, se réservait un droit de propriété sur tout le contenu que vous « produisiez » avec le navigateur, à l’instar de Facebook & co. C’était écrit là, dans ce que vous ne lisez jamais.

Ce n’est plus censé être le cas, mais le fait qu’il existe toujours une section disant que vous gardez le copyright sur ce que vous écrivez dans Chrome est déjà troublant en soi. Une EULA (End User License Agreement, pour Accord de Licence Utilisateur Final) est là pour gérer des cas spécifiques qui ne sont pas déjà couverts par la loi, hors la création de contenu existe déjà (copyright aux USA, droit d’auteur en France, Creative Commons…), indépendamment de l’outil, ici un navigateur. Ça n’a rien à foutre dans une EULA. Ce qui laisse planer le doute sur ce qu’ils s’autorisent à faire finalement.

OK, mais je fais comment pour m’en passer ?

Admettons que vous ayez été sensibles à tous les abus que se permet Google avec son navigateur (et attendez qu’on parle de leurs services, cherchez Snowden et Prism, vous comprendrez si vous ne savez pas encore). Je vous ai convaincu qu’il était temps de passer à autre chose, mais je vais éviter de m’en tenir à une critique bête et méchante pour vous proposer différentes alternatives qui sont, selon moi, viables pour la majorité des personnes.

Chromium

Le premier réflexe serait d’utiliser la version open-source du diable, si on apprécie notamment ce sentiment de vitesse, qui ne se traduit plus toujours dans les faits. Mais si vous êtes sous Windows, c’est un peu brut de décoffrage (pas de mécanisme de mises à jour ni de notifications entre autres), bref, ça semblera moins « fluide » comme expérience. Mais c’est à essayer. Il est multiplateforme lui aussi en plus (souvent inclus dans les gestionnaires de dépôts des distributions Linux).

Opera

Opera a pris un nouveau départ à partir de sa version 15, en se basant sur Chromium lui-aussi. L’idée était de gagner en performances, et surtout et malheureusement pour eux, parce que leur ancien moteur de rendu maison Presto, qui était pourtant d’assez bonne qualité, n’était jamais pris en compte par les développeurs de sites Web, obligeant la société derrière le navigateur a faire mentir celui-ci pour que les applications fonctionnent bien (j’avais du le faire pour pouvoir utiliser Hotmail, l’ancêtre d’Outlook.com). Il a retrouvé certaines fonctionnalités qui en faisaient un navigateur à part, et même une version Linux qui se faisait attendre, même si les développeurs ont oublié que Linux ne veut pas dire Ubuntu (Ils ne fournissent qu’un .deb). Enfin bref, ça reste une bonne alternative à Chrome selon moi, même s’il a perdu une grande partie de son identité avec ce revirement de code-source. Si vous voulez tenter une « version » open-source de Chrome sous Windows, c’est la plus stable selon moi (la mieux packagée surtout).

Firefox

Mon grand chouchou pour ceux qui ne l’auraient pas compris, même si je ne suis pas non plus une groupie aveugle. Firefox existe encore à l’heure actuelle en grande partie parce que la fondation Mozilla est régulièrement perfusée avec de l’argent Google (tous les trois ans, même si les choses sont fortement en train d’évoluer), et pour s’en sortir la fondation n’a rien trouvé de mieux que d’inclure des publicités dans les installations « vierges » du navigateur. J’en reparlerais un peu après. En tout cas, j’en fais souvent étalage, notamment sur les possibilités qu’il offre en termes de personnalisation ou de « puissance » et de respect de l’utilisateur.

Pour en revenir à des considérations plus pratiques, Il est donc multiplateformes, open-source (code libre, mais pas la « marque »), vous pouvez installer votre propre serveur de synchronisation pour les paramètres, les marque-pages, l’historique, les mots de passe (allez demander ça à Google ou Apple, vous verrez comment ils vous riront au nez). Certains diront qu’il a opté, depuis la version 29, pour l’interface de Chrome; mouais, ça m’en a à peine chatouillé une, sans toucher l’autre, ça fait le boulot, et c’est même un poil plus « touch-friendly » pour ceux qui ont la malchance d’utiliser un écran tactile.

Les publicités qui maintenant s’afficheront sur les pages quand vous ouvrirez un nouvel onglet n’apparaîtront que le temps pour le navigateur de remplir l’historique avec les pages que vous visitez pour les remplacer justement par les plus populaires dans vos habitudes. Et vous pouvez aussi les désactiver ces pubs, c’est seulement le comportement par défaut.

Pour les linuxiens qui se sentiraient malgré tout offensés, à l’instar de Chromium, Firefox dispose d’Iceweasel, principalement sur Debian et parfois porté ailleurs, qui s’avère être la copie conforme, moins la marque Mozilla, protégée, et donc cet histoire de publicités. Mais il est compatible avec la totalité des extensions, dispose de la même capacité à utiliser un serveur Sync, des mêmes possibilités de personnalisation. GNU Icecat est à peu près le même, mais les barbus qui le maintiennent sont encore plus extrémistes avec certains choix ayant trait à la liberté et la vie privée (notamment l’impossibilité d’utiliser des plugins tiers).

Et c’est tout ?

« Il n’y a pas de petites économies » comme disait ma grand-mère. Non, éviter Google est à priori impossible en 2015 (tout comme il est pratiquement impossible d’éviter le pistage par les réseaux sociaux, par les publicistes malhonnêtes…). Mais l’empêcher de faire ce qu’il veut de vous n’est pas non plus si difficile que ça, pour peu qu’on prenne le temps d’y penser. Parce qu’au final, un navigateur est un outil devenu neutre de nos jours, avec le respect des standards, les performances qui crèvent le plafond (Internet Explorer est devenu un bon navigateur, si c’est pas une surprise ça, et Spartan semble vouloir enfoncer le clou), en changer ne devrait pas vous poser de problème. En matière de recherche, il n’existe pas que Google, la preuve, la plupart des russes utilisent Yandex, les chinois Baidu (surtout parce qu’avec leurs alphabets, c’est plus facile), et moi, j’utilise depuis quelques mois maintenant DuckDuckGo, et je m’en accommode pas mal. Alors pourquoi pas vous ?

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ToEvenStay
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ToEvenStay

Enfin je l’attendait cet article !! Merci pour toutes les explications . Pour ma part je suis passer à Firefox mais j’ai eu du mal au début à tel point que j’ai voulu retourné sur chromium/chrome . La prise en main est beaucoup plus difficile et le changement de design était pour moi très embêtant . Maintenant je suis toujours sur Firefox je me suis habitué et il est plutot bien mais impossible de me passer de Google (je suis gravement infecté) j’ai essayer DuckDuckGo mais pour moi Google reste le meilleur dans la matière et je ne me voit… Lire la suite »

Angristan
Invité

J’ai commencé à utiliser Firefox avec mon premier PC sous Ubuntu, et j’ai installé Chromium, que je n’ai pas quitté depuis. Je n’aime pas Firefox parce que je ne le trouve pas moderne. Il n’est pas beau ni ergnomique, et la synchronisation est foireuse comparée à Chrome. Je l’ai utilisé pendant 2 semaine avec DuckDuckGo, il est certes plus léger mais il ne donne pas du tout une impression de fluidité. J’aimerais tellement l’utiliser, mais pour moi il a beaucoup de retard sur Chrome.

Daniel
Invité
Daniel

Nickel cet article qui rejoint le comparatif que j’avais fait en septembre dernier sur les navigateurs Web. Depuis, je suis passé de Chrome (trop gourmand et trop « curieux ») à Opéra que j’apprécie vraiment. Et oui, comme tu le dis dans tes conclusions, on peut très bien vivre sans être accro à Google, il faut juste ne pas se laisser aller à la facilité et être un poil curieux 🙂

Mathias
Invité
Mathias

C’est cool de publier un article qui détaille l’ensemble des problèmes relatifs à Chrome. Lorsqu’on le critique on est trop souvent taxé d’anti-Googlisme primaire.
Merci !

vivaldi
Invité
vivaldi

Qui a essayé Vivaldi ? On peut même installer les extension chrome dessus. Firefox c’est zéro depuis pas mal d’années, j’ai laissé tombé dès que chrome était sortit à l’époque il écrasait firefox en terme de perf. A l’époque firefox avait encore pas mal d’extension, mais c’est plus le cas maintenant. J’ai des extension qui n’existe que sur chrome maintenant. La part de marché de firefox est en baisse, je ne pense pas que ce soit à cause des méthodes de google. A l’époque firefox montait de plus en plus en part de marché sans avoir de méthodes borderline. Les… Lire la suite »

Si c\'est pas libre, c\'est vous le produit
Invité
Si c\'est pas libre, c\'est vous le produit

Vivaldi est ropriétaire… donc ça resout pas les problèmes de contrôle/confiance…

-Fred-
Invité

Dans mon cas, je suis utilisateur de Firefox sur l’ensemble de mes machines (GNU/Linux principalement). J’aime bien ce navigateur et vraiment, je ne voyais pas en utiliser d’autres Pourtant, j’ai été obligé d’installer Chrome juste à cause de flash. En fait, j’utilise une plateforme d’enseignement à distance qui utilise adobe connect pour la partie visioconférence (les cours où on voit le prof et où on lui répond via le tchat). Je n’ai pas le choix de la plateforme et comme c’est adobe, ben il faut flash (pas de bol, je suis tombé sur les dernier amoureux de cette techno). L’année… Lire la suite »

Truc
Invité
Truc

Quand je lis que Firefox a des problèmes de puissances je rigole. Peut être qu’un Bench va vous dire qu’une voiture va plus vite qu’une autre. Mais si c’est pour gagner 10 secondes sur un voyage d’une heure alors la performance pure ne m’intéresse absolument pas. J’utilise Firefox avec des tonnes d’ongles ouverts en même temps sans que cela ne pose aucun problème. Et ce depuis de très nombreuses années. Il faut arrêter avec ca.

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JD Parkman

Pourquoi vous devriez arrêter d