DuckDuckGo, c’est bon, mangez-en

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Quel nom bizarre, n’est-ce pas ? Et pourtant, à l’instar d’un Google (trop gros, trop malhonnête) et Bing (qui veut devenir aussi gros et malhonnête que Google), il rend de fiers services en tant que moteur de recherche. Alors Pourquoi l’utiliser ? Éléments de réponse.

Cela fait quelques temps que j’essaie doucement, à l’instar de Quentin Fonteneau, de réduire ma consommation de service Google. Je ne suis pas le plus drogué, mais sans rentrer dans les détails, la masse de services que propose le géant est assez envahissante, et toujours moins respectueuse de plusieurs valeurs qui me tiennent à coeur sur Internet, à commencer par le respect de ses utilisateurs (et non, Facebook ne vous respecte pas non plus). Je garde la réflexion pour un article futur par contre 🙂

Un peu d’histoire

Ici, je vais me concentrer sur ce que faisait Google à sa création, à savoir un moteur de recherche. Il est en effet très difficile, voir impossible de deviner en permanence l’adresse d’un site web, et comparer le web à l’univers n’est pas dépourvu de sens tant il est vaste. Sachez une chose : même Google ne connaît probablement qu’une partie du Web actuel. Et c’est déjà un énorme morceau. La proportion varie suivant les personnes qui en parlent, je ne me risquerais donc pas à avancer un chiffre. Si, un, mais il ne vient pas de nulle part. Dans le rapport d’activité de l’AFNIC pour 2012, j’ai déniché ceci : 2.5 millions de domaines en .fr en 2012. Voilà, juste pour la France, avec ses petits 65 millions d’habitants. Les USA ? 330 millions d’habitants, faites le calcul. Ajoutez la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, l’Inde, et le Brésil, et vous avez une constellation à faire rougir notre voie lactée.

Il nous faut donc un moyen si possible simple pour trouver sans avoir à deviner tous ces sites. Identifier, classer, et donc s’arranger pour être le plus efficace possible suivant les demandes des internautes. Google n’est pas le premier moteur de recherche en la matière. Des noms comme Lycos, Yahoo (oui, avant Google), Altavista, vous diront peut-être quelque chose. Des annuaires « à l’ancienne » apparaissaient aussi régulièrement en promettant de référencer, classés en catégorie, le plus de sites possibles. Mais à une époque où le 56k était le haut de gamme des connexions, Google, avec sa légèreté, sa rapidité, et aussi, un autre point qui faisait sa force, sa pertinence, a en quelques années éclipsé tout le monde ou presque.

Un petit poucet devenu géant

Google a donc, au fil des années, grossi, étoffé les services annexes, tout en référençant toujours plus de sites, de manière toujours plus efficace, et en étant toujours aussi pertinent. A ceci près qu’avec les années, des pratiques mercantiles sont apparues, particulièrement gênantes. Ainsi, des espaces « sponsorisés » sont apparus, s’affichant en tête quelque soit la pertinence du résultat : si une société a payé pour se retrouver en tête de certaines recherches sur son concurrent, il apparaît en premier. Tout efficace qu’est le moteur, il n’échappe pas à la malveillance de certains acteurs qui « bombardent » les robots pour apparaître toujours en tête. J’avais déjà évoqué le problème lors de l’article sur les infections, mais il est difficile ces jours-ci sur Google d’avoir comme premier résultat le site officiel d’un logiciel que vous cherchez. Non, les premiers résultats sont Download.com, Télécharger.com, Softpedia, ou pire, Softonic (LE site à éviter par excellence pour ne pas être vérolé de partout). Bref, ces sites qui n’ont que peu de respect pour vous parasitent les auteurs des logiciels que vous cherchez. Et les autres domaines de recherches sont aussi touchés : ne cherchez pas comparatifs de matériels (pour en avoir les caractéristiques), car ce seront les comparateurs de prix qui sortiront en premier. Les vrais résultats, eux, sortiront en 3ème page, avec un peu de chance.

Y'a du mieux, mais le premier résultat n'est PAS le bon...

Y’a du mieux, mais le premier résultat n’est PAS le bon…

Un souci de vie privée et de neutralité peut-être

Plus récemment, j’ai découvert un autre souci : si vous êtes connectés à votre compte Google (ce qui est le cas avec un compte Youtube, qui est lié à un compte Google), les résultats de recherche seront différents d’une recherche « anonyme ». Les causes et conséquences sont multiples. Dans l’idée de paraître toujours plus pertinent pour vous (pas que, mais ça sort un peu du cadre), par défaut Google stocke chacune de vos recherches, date et heure, les résultats de cette recherche et les liens sur lesquels vous cliquez (dont la date et l’heure du clic en question). L’idée est donc si possible, lors des recherches proches voire identiques, de remonter les résultats sur lesquels vous avez préalablement cliqués. L’analyse des clics en question permet de faire remonter d’autres sites très proches, bref, de toujours plus cibler le sujet (l’objectif est le même que pour la publicité). Sauf que ça restreint la diversité des résultats : si vous n’avez cliqué que sur des critiques positives d’un film par exemple, vos futurs recherches vous éloigneront toujours plus des critiques négatives de ce même film. Vous perdez donc une partie de l’information que Google détient pourtant (pas tant que ça, mais qui dépasse la première page de résultat sur Google ?). Je vais éviter de parler des abus de profilage que ça induit aussi, couplé au reste des données que Google sait collecter à votre sujet. Sachez que vous pouvez, dans les paramètres de votre compte Google, désactiver ce pistage de vos recherches. Sachez que j’ai désactivé l’enregistrement de mes recherches en décembre 2013, mais que Google a stocké mes précédentes recherches depuis début 2013. Un an de recherches. Demandez-vous si vous pensez que Google a réellement besoin de savoir ça sur vous. Et si vous avez la bonne réponse, alors…

Et donc arrive DuckDuckGo, le moteur qui vous respecte

Alors que vient faire ce canard dans l’affaire me direz-vous ? Eh bien, il vous permet de faire aussi une recherche sur un sujet donné, un site, un logiciel, une personne, seulement il le fait différemment. Bien qu’il s’appuie en partie sur les données de Google, jamais « Duck » ne vous demandera de vous inscrire, et bien qu’il enregistre lui aussi les recherches pour tenter de s’améliorer, jamais votre IP ne sera enregistrée, ni vos infos persos refilées à Google. Le cookie qu’il vous demande d’accepter sert à enregistrer les paramètres que sont la langue, le thème du moteur, et d’autres. Bien entendu, Google ne saura (presque) plus que la recherche vient de vous. Ça, c’est pour le côté flicage.

A côté de ça, Duck vous sortira pratiquement toujours un site officiel pour un logiciel s’il le connaît, vous gratifiera toujours d’un extrait de la fiche Wikipedia correspondante à votre recherche dans votre langue s’il la trouve, bref, les résultats sont plus propres. La recherche sera exactement la même quelque soit l’appareil que vous utiliserez pour faire la recherche (car depuis peu, le moteur a refait son design pour s’adapter proprement à nos petits écrans). Quand vous passez beaucoup de temps à chercher des infos sur plusieurs domaines, il est clairement plus agréable de ne pas être pollué par les résultats « mercantiles » (si vous cherchez des infos sur du matériel, pas besoin d’aller à la deuxième page pour échapper aux innombrables comparateurs de prix). Cela arrive toujours, mais la diversité des résultats (très cohérents malgré tout) est clairement un très bon point. Ajoutez ça à la petite parcelle de liberté retrouvée, et vous comprenez pourquoi il faut l’utiliser.

Voilà un résultat pertinent (même si non parfait) !

Voilà un résultat pertinent (même si non parfait) !

Il est parfait alors ?

Bien évidemment, il ne peut pas non plus, sans gagner la masse d’argent d’un Google, être aussi efficace sur tous les domaines. Ainsi, en dehors de la recherche texte, Duck propose des images et éventuellement des vidéos. Le nombre, la qualité, l’absence de filtres avancés (permettant notamment de filtrer suivant l’âge des contenus), il reste encore un paquet de chemin pour égaler la puissance du géant. Les services s’étofferont certainement avec le temps, mais plus que du temps, l’argent que gagne Duck n’a rien à voir avec l’empire financier qu’est Google (390 milliards de dollars de valorisation ce dernier trimestre…). Mais si la puissance du service doit se faire au prix de votre vie (puisque plusieurs d’entre vous passent par Google même pour aller sur… Facebook), alors il faut reconsidérer sérieusement la question. Google, fort de ce que vous lui donnez tous les jours, commence maintenant à faire sa loi face aux nations, ce qui est particulièrement dangereux (Facebook aussi remarquez). Vivre dans une prison, même dorée, ça reste une prison. Internet a été conçu pour être libre. Duck est un moyen de reprendre un peu cette liberté.

Je vous invite donc à le tester, c’est simple, si vous êtes sur Firefox, le bouton en bas de la page d’accueil vous permettra de l’ajouter comme moteur, et si je dis pas de bêtise, de l’utiliser par défaut. D’un seul clic. Parfois reprendre le contrôle n’est pas aussi difficile qu’on veut le penser (certaines choses sont plus difficiles, certes).

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Hello

Il n’est pas parfais, c’est sur, mais il faut savoir choisir entre confort ou liberté.

Par contre, il y a aussi autre-chose : les serveurs sont hébergé aux USA, et les sauvegardes « dans le nuage » même si elles sont chiffrées, se font sur les serveurs Cloud d’Amazon.