Des anecdotes sur Linux, l’informatique, et surtout les utilisateurs

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Je ne sais pas si ça sera fréquent ou pas, mais j’aimerais partager ici quelques anecdotes de tout poil sur le sujet du libre, de l’open-source, du niveau parfois branlant des utilisateurs, permettant de se dire que non, tout le monde n’est pas à l’aise avec le numérique. Il pourra aussi y avoir des histoires à propos des distributions Linux, et même les plus aguerris se font piéger.

Carte SD, Windows, « Le lecteur rencontre un problème »

Ma mère : « j’arrive pas à accéder à la carte SD de mon appareil photo ». De fait, en insérant la carte SD dans le lecteur, Windows indique que « celui-ci rencontre un problème ». En fait, Windows a un problème avec tous les volumes FAT32 et NTFS qu’il ne manipule pas exclusivement lui-même, parce qu’il manque un ou deux trucs pour indiquer que tout va bien que Microsoft ne documente pas toujours (donc c’est de leur faute, pas de la notre). Au final, il suffit de ne pas tenir compte du message et d’ouvrir l’explorateur de fichiers pour accéder au contenu de la carte. On peut aussi lancer une vérification du volume si on a du temps devant soi, parce qu’il n’y aura quasiment jamais de problème.

Windows toujours, téléphone Android et « importation » ?

Maman encore, Windows toujours. Apparemment, sous Windows 8.1 et suivant, il y a un utilitaire à la con qui se lance au branchement d’un téléphone en USB pour importer le contenu sur l’ordinateur. Sur celui de ma maman, ça fail, et du coup elle pense qu’elle ne peut pas accéder directement au contenu du téléphone. Faux, une fois de plus, ces assistants de merde trompent l’utilisateur, il suffit d’ouvrir l’explorateur de fichiers pour accéder au téléphone et à sa carte SD.

Yaourt, Virtualbox et PKGBUILD pas à jour

Sur Manjaro/Arch, j’ai déjà parlé de la puissance d’AUR. Mais il arrive parfois que des pétouilles surviennent, en l’occurrence, j’utilise AUR pour l’extpack de Virtualbox (pour le support USB2/USB3, entre autres). Sauf que le paquet AUR vérifie la somme de contrôle du paquet pour valider son intégrité, et Virtualbox a mis à jour le paquet sur le site, sans que ce changement ne soit répercuté sur le PKGBUILD, la « recette » pour construire le paquet. Fort heureusement on peut éditer la recette à la main juste avant l’installation, et j’ai pu mettre à jour les extensions. Mais ce n’est pas une manipulation évidente pour beaucoup de monde.

Boulot, VM, et Ubuntu 16.10

Chez LBN, nos ordinateurs sont fournis avec Windows 10 et le full package Microsoft sur Office 365 (les principaux outils de communication sont Outlook et Skype Business). Étant administrateurs Linux, on utilise une machine virtuelle pour disposer d’un environnement plus agréable à manipuler au quotidien. J’ai fait le choix d’utiliser Lubuntu 16.04 (environnement graphique minimaliste mais gère le multi écran), mon collègue Olivier, lui, a voulu utiliser à l’époque 16.10. En voulant installer des dépendances pour compiler un petit outil de gestion de tâches écrit par un collègue, il se prend une sale erreur de paquet non trouvé. En effet, les « X.10 » d’Ubuntu ne sont supportées que dans un temps assez court, et les dépôts, vous l’aurez compris, ont disparu. Ça a débouché en réinstallation de VM expresse en 16.04 pour pouvoir disposer des dépendances. Voilà pourquoi je n’installe que des Ubuntu LTS, aussi bien pour mes besoins que pour ceux dont j’accompagne l’installation.

Fedora 20, une mise à jour douloureuse.

Une personne au PSL, avec une tour AMD FX avec 8Go de RAM (chapeau pour les transports), donc confortable et bien supporté sous Linux. Auparavant sous Ubuntu, avant que quelqu’un ne lui propose Fedora, sur le concept du « tant que les logiciels dont j’ai besoin sont là », pas de problème. Elle avait suivi les mises à jour quand elles étaient proposées, mais pas les montées de version (vu le niveau de la personne, pas sur que Fedora à l’époque était le meilleur choix, m’enfin…). La réinstallation fut compliquée parce qu’Anaconda n’a pas aimé la taille du swap et refusait de faire la mise à jour (ce qui est une connerie avec 8Go de RAM si vous voulez mon avis, Anaconda voulait 6 se swap…), il a fallu pas mal bricoler, heureusement, on a trouvé : j’ai du refaire le partitionnement, sans détruire le /home toutefois. Au bout d’une heure et demie. En testant l’ouverture des fichiers, fail à l’installation d’openh264, Gnome Logiciels refuse, gaufre sur des conflits de package Gstreamer, je suis passé par yum/dnf avec activation manuel du dépôt déjà inscrit mais pas activé. Finalement ça ne fonctionne toujours pas, installation de VLC, mais pas présent dans les dépôts, besoin d’RPM Fusion. Bref Fedora pour des débutants c’est pas vraiment à conseiller. J’espère que la mise à jour vers 28 se passera mieux. En passant les gens sont venus avec leur imprimante pour qu’on l’installe également. Certains des logiciels Gnome coincent sur le choix du papier, sinon ça a fonctionné dès le branchement USB, ça au moins ça a fait des progrès 🙂

Finalement on migre pas

Une personne vient au PSL avec la ferme intention de se débarrasser de Windows. Évidemment je n’ai rien contre le principe, c’est un peu pour ça qu’on accompagne les gens, mais si vous ne vous posez pas les bonnes questions avant vous finirez avec quelqu’un dont l’outil informatique n’est plus adapté (marrant j’ai lu la même réflexion y’a pas longtemps chez quelqu’un d’autre…). Messieurs des install party Ubuntu qui font des sprints d’installation, prenez note.

La personne s’était renseignée auparavant, et voulait tester Debian. OK, pourquoi pas, « mais vous utilisez quoi comme logiciels actuellement sous Windows ? » Réponse :

  • LibreOffice : OK
  • VLC : OK
  • Chrome : aïe (vous connaissez mon amour pour ce Spyware), mais OK quand même (sous Debian c’est un peu sport, mais c’est faisable)
  • f.lux : presque OK (ouf, redshift à une interface graphique, j’utilise redshift-qt depuis peu)
  • Amazon Kindle Reader : Pas OK du tout, ça n’existe pas. Y’a bien la version Web, donc via le navigateur, mais il n’y a pas de possibilité de traduire en temps réel un livre en langue étrangère (vous sélectionnez du texte d’un livre en anglais, un clic droit puis traduire, et hop, vous comprenez mieux ce que vous lisez), et ils font tout pour empêcher les copier-coller dans des outils tiers (logique pour des bouquins menottés par DRM, vous me direz…)
  • Google Apps Desktop : existe pas non plus, tout au plus peut-on avoir Drive, le reste doit se faire en navigateur
  • Imprimante : Inconnue au bataillon, car oui il faut aussi se poser la question des périphériques

Finalement, j’ai laissé tomber et conseillé à la personne de commencer à se poser la question de ses usages. Pour l’imprimante j’ai surtout manqué de temps mais je pense qu’il était possible de faire quelque chose, pour les Google Apps et Kindle je n’ai pas de solution simple et équivalente à lui proposer (je me vois mal proposer Calibre aux gens dont on va déjà changer une partie de leurs habitudes quotidiennes, encore qu’il est multiplateforme).

La magie des dépendances Ubuntu

PSL toujours, attendez-vous à en entendre parler souvent, une dame vient avec sa tour (une de plus, vu le poids des bazars et les gabarits des personnes, dans les transports en commun, je dis chapeau bas), parce que l’interface graphique Ubuntu ne se charge plus. L’ordinateur démarre correctement, je n’ai aucun message d’erreur, le symptôme : X démarre, lightdm démarre, mais une fois les identifiants saisis rien ne se passe, écran noir avec juste la souris, et un widget pour de la traduction en chinois, un peu léger pour bosser.

Test de création de compte supplémentaire sans succès, on sauvegarde le /home si on prévoit de tout bazarder (toujours prévoir des sauvegardes avant), et en fait, au hasard de vérifications de paquets installés, je vois qu’il manque le paquet ubuntu-desktop, il avait été désinstallé, certainement lors de la suppression d’un logiciel de base inutile, mais les dépendances Ubuntu c’est ça :

En le réinstallation et en redémarrant, bizarrement ça fonctionne bien mieux. J’ai gagné une boîte de chocolats liqueur ce jour-là 🙂

Microsoft, Xbox Live Gold, carte bancaire expirée

Un joli Kafka en puissance que mon renouvellement d’abonnement Xbox Live Gold. La carte bleue utilisée avait expiré, le renouvellement de l’abonnement échoue. Pas de panique, je me rend sur le site Web de Microsoft en suivant les liens du mail, j’ajoute mon compte Paypal, et ensuite je le sélectionne comme moyen de paiement pour l’abonnement. Las, s’il m’indique bien que le compte utilisera Paypal pour les prochains paiements, ça ne fonctionne pas pour celui en attente. Il aura fallu passer par le support Microsoft, d’abord via un chatbot, puis un chat avec un humain mais en anglais, pour corriger le problème. Une fois rendu sur la console, je suis déconnecté à peine le popup de connexion affiché. Il faut relancer depuis le menu contextuel Xbox (via le bouton de la manette), pour voir s’afficher l’info comme quoi la carte a expiré !!! (le technicien me confirmera qu’il y a un délai pour la prise en compte sur xbox 360). J’ai alors la possibilité de sélectionner le compte Paypal, ça fonctionne. Ouf.

Mais qui en dehors des anglophones, et des bidouilleurs pourrait s’en sortir de cette façon ?

 

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