Splasher : un super jeu de plateformes, surtout sous Linux !

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Si vous suivez un peu l’actualité jeu vidéo indépendant, vous avez forcément entendu parler de Splasher. Il y a également aussi une grande chance d’en avoir entendu parler au détour d’une vidéo YouTube, ou d’une chaîne Twitch, puisqu’il a fait un peu de bruit cet été. Mais pourquoi est-ce que j’en remets une couche plusieurs mois après alors ? Parce que je ne joue pas beaucoup, et que ce blog n’est pas vraiment un rendez-vous incontournable de l’univers « du gaming », comme disent les djeunz. Et qu’il doit vraiment valoir le détour, même plusieurs mois après. Alors qu’ai-je à en dire ?

Déjà Cocorico, parce que Splasher, même avec son titre anglophone, sa présentation anglophone sur Steam, est un jeu français, développé par la Splash Team, petite équipe dont certains membres ont bossé sur certains épisodes de Rayman (une des références en matière de jeux de platformes). Et que l’aspect speedrun du jeu (j’y reviendrai tout à l’heure) a été développé en partenariat avec l’équipe du NESblog, qui est très impliquée dans cette activité.

Splasher est donc un jeu de plateformes. Vous êtes un employé d’une usine chimique qui découvre que les ouvriers sont traités comme du bétail par les chimistes, et vous décidez de les libérer. Le scénario est donc particulièrement basique, mais l’intérêt du jeu ne réside finalement que peu dans son pitch, mais bien plus dans ses mécaniques et son level design. C’est un jeu de plateformes, jusque là, rien de transcendant, mais il emprunte certaines mécaniques à Mario Sunshine (l’utilisation de l’eau pour nettoyer certaines surfaces, ouvrir certaines portes ou détruire quelques ennemis) et à Portal 2 (pour les peintures collantes et rebondissantes). Certains passages du jeu vous demanderont de mixer savamment les trois types de « tir » dont vous disposez, tout en effectuant des sauts millimétrés pour certains.

Le jaune ça rebondit, le rouge ça colle (aucune arrière-pensée)

Ça peut vite être compliqué, et frustrant. Parce qu’autant le dire, vous allez mourir. Beaucoup. Souvent. Il ne faut pas se décourager toutefois, quand vous arrivez à enchaîner les sauts, les changements de peinture, les mouvements pour attraper un ouvrier au vol, le tout avec virtuosité, c’est diablement gratifiant et il vous pousse des ailes pour attaquer le secteur ou « tableau » suivant. Dans chaque niveau des checkpoints plus ou moins fréquents sont présents, ce qui permet de ne pas être aussi pénalisé que dans un jeu d’il y a 20 ans. Malgré tout, il faudra patience et dextérité pour venir à bout de tous les tableaux et récupérer vos 154 potes.

Et après avoir terminé ça, vous n’avez fait qu’un peu plus de 60% du jeu. Il y a en effet tout un pan réservé au speedrun. Pas étonnant, les mécaniques du jeu et sa nervosité s’y prêtent à merveille. Mais d’abord, c’est quoi le speedrun ? Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, il s’agit de terminer un jeu le plus rapidement possible, sous certaines conditions, parfois en exploitant des bugs non corrigés/corrigeables (Des furieux terminent The Legend of Zelda : Ocarina of Time, initialement sorti sur Nintendo 64, en moins de 20 minutes en usant justement de bugs). Un héritage de certains jeux 8 ou 16bits qui à l’époque déjà proposaient une mécanique de score parfois basée sur le temps (Sonic me vient à l’esprit pour le temps que j’y ai passé, à savoir des années).

Chaque passage a un « score » à atteindre

La particularité ici étant que le concept est intégré au jeu, contrairement à la pratique de ces dernières années qui s’attaque à tout type de jeu, et surtout ceux qui ne sont pas prévus pour. Et la Splash Team, pour bien faire les choses, à contacté le NESblog, collectif de personnes gravitant au cœur du jeu vidéo, dont les représentants les plus connus sont RealMyop et CoeurDeVandale, qui ont grandement participé à la popularité de la pratique en France, grâce d’abord à 88Mph, émission diffusée sur YouTube, puis Speed Game, émission qu’ils ont présenté sur JeuxVideo.com jusqu’à leur rachat par Webedia (qui a viré tout le monde ou presque sous prétexte que « ça rapporte pas assez« ). Avec également un testeur comme Kilaye, un passionné de SpeedRun ayant déjà quelques trophées à son tableau de chasse, autant dire que ce mode, s’il vous inspire, saura sous satisfaire, avec encore à la clé la gratification de réussir à enchaîner les sauts, les peintures, sous certaines conditions, à savoir avec ou sans les potes à ramasser.

Et Linux là-dedans ?

Ben oui, je le mentionne dans le titre, autant en parler. Contrairement à ce qu’en dit la section configuration recommandée sur Steam, le minimum pour jouer, en tout cas de ce que j’ai fait, est plus bas qu’indiqué, laissant une fois de plus penser que le jeu est d’une finition exemplaire. Que recommandent donc les développeurs ? Un CPU à 3GHz, et une carte graphique dédiée type HD 5700. Et j’ai pu terminer le jeu, de manière fluide à ~95%, sur un CPU à 2GHz avec sa carte graphique Intel HD Graphics 5500 intégrée (mon laptop préféré, souvenez-vous). J’ai donc 1Ghz de différence et une carte qui doit partager sa mémoire vive avec ledit CPU, contrairement à la HD 5700 qui dispose de mémoire dédiée, beaucoup plus rapide.

Les 5% « non fluide » étaient principalement dus à quelques rares scènes bien chargées, notamment des passages où le niveau d’acide monte inexorablement. Malgré tout la baisse de fluidité était contenue, ce qui a permis de m’adapter à cette perte et pouvoir synchroniser malgré tout mes mouvements. Et je n’ai pas plus expérimenté la mort que lors des passages parfaitement fluides. Et pour info, j’ai joué à la résolution native du laptop, 1366×768, avec tous les effets activés (les options sont assez simplistes, mais il y en a, c’est toujours appréciable).

L’un des 154 potes à récupérer

Et tout ça, en ayant joué avec deux manettes différentes. J’ai commencé le jeu lorsque j’étais en week-end chez ma sœur en Bretagne, et mon beau-frère m’a prêté l’une de ses manettes PlayStation 3. J’ai du bricoler un peu avec xboxdrv pour forcer l’association avec le jeu, mais sinon, sa reconnaissance en tant que telle était parfaite en USB. Malgré tout, le jeu est d’abord pensé pour la manette Xbox 360 (celle que j’ai utilisé pour jouer au premier « Zelda » sur NES), et là, c’est juste parfait. On branche, on lance le jeu, roulez jeunesse, rien à faire, comme on s’y attendrait.

Donc si vous n’avez pas encore eu l’occasion de goûter aux plaisirs d’un platformer nerveux, et que la mort récurrente ne vous fais pas peur, foncez, c’est pas cher, c’est français, c’est jouable sous Linux, bref, c’est délicieux.

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benzo
Invité

Merci pour cet article, javais râté l’info sur Splasher . Ca fait du bien des jeux corrects auxquels on peut jouer sous LInux . Je viens de le download sur Steam, ya plus qu’à tester! En plus, les jeux de plateforme ca me rappelle ma jeunesse 🙂