Un Chromebook pour outil de « travail », c’est possible ?

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Vous le savez, j’aime mon laptop, malgré ses défauts, et parmi celui-ci, son poids. Lors de certains déplacements, non seulement sa puissance mais également son poids sont superflus, et donc a germé l’idée d’acquérir une machine moins puissante, plus légère, mais si possible tout aussi endurante. Après plusieurs réflexions, j’ai jeté mon dévolu sur un Chromebook, oui, moi qui cherche toujours à me débarrasser de Google. Mais détaillons un peu.

Mes prérequis

L’exemple le plus courant de mon besoin d’une machine plus compacte est ma participation certes irrégulière mais néanmoins récurrente au Premier Samedi du Libre. Me balader avec mes 2+ kgs de PC dans les transports en commun est assez pénible et de plus tient très chaud. Et comme l’activité du laptop dans ces moments-là se résument à dd et Firefox (éventuellement une recherche dans certains mails), il n’y a pas besoin de la puissance du Core i3, ni de la taille confortable des 15 pouces.

Dans les différentes gammes d’ordinateurs portables qu’on trouve à moins de 13 pouces, ayant une bonne capacité à tenir la distance, soit c’est très cher, très puissant, et donc particulièrement inadapté à mes besoins, soit très peu puissant, à la qualité de finition parfois douteuse, et par dessus tout, depuis un an, un Windows 10 particulièrement difficile à déloger, parce que oui, comme prévu avec l’évolution de la « certification » pour Windows 10, le verrouillage des capacités du BIOS/UEFI est devenu la norme, rendant le remplacement d’un OS défectueux et par dessus tout trop lourd pratiquement impossible.

Et au milieu coule une rivière se trouvent les Chromebook. Des machines aux alentours de 300€ pour les plus aisées (même si des exceptions plus chères existent), une finition très intéressante la plupart , une puissance nécessairement restreinte et par dessus tout, une soif électrique de chameau. Cerise sur le gâteau, ChromeOS a beau être ce qu’il est, on a surtout la possibilité, plus ou moins facile, d’y coller une vraie distribution Linux. Et donc, j’ai craqué pour ce modèle qui se trouve encore à 160€ sur Amazon.

Une machine très surprenante

Pour ce tarif on a un package particulièrement surprenant :

  • Un Celeron N3050 dont je peux déjà dire que c’est pas vraiment un modèle de fusée
  • Un écran mat de 11,6 pouces avec la même résolution que mon laptop, et d’une qualité très potable
  • 2Go de RAM, pas grand chose de plus à dire à leur sujet
  • 32Go de stockage, pas le plus rapide du monde (eMMC), mais très peu consommé par ChromeOS, contrairement à un Windows
  • Deux ports USB, un à la norme 2.0 l’autre à la norme 3.0, un sur chaque tranche latérale
  • Un module Wifi/Bluetooth, sans grande surprise, qui fait le boulot
  • Un clavier certes peu standard en dehors de l’agencement Azerty (pas de touches de fonction), mais très agréable aux touches larges et à la course quasi parfaite pour moi
  • Un touchpad gigantesque vu la taille de la machine, cliquable, particulièrement sensible (un peu trop à mon goût)

Évidemment il n’y a aucune trappe, je n’ai pas encore dévissé le châssis mais je suis prêt à parier que la plupart des composants sont soudés, un peu à l’image des smartphones. L’avantage, c’est que ça permet d’embarquer une meilleure batterie, à l’image de ce qu’a pu faire Apple avec le Macbook 12 pouces de 2015. Et avec 7h d’endurance réelle, de ce que j’ai pu mesurer jusqu’ici, c’est pas dégueulasse vu le prix de la prestation.

Au-delà d’un équilibre technique particulièrement bien trouvé pour un appareil de ce prix, c’est la qualité de fabrication qui m’a le plus surpris quand j’ai déballé la machine. Les charnières sont solides, les plastiques sont bien ajustés, et après l’avoir apprivoisé j’aimerai presque avoir le même clavier sur mon laptop LDLC (modulo les touches de fonctions). C’est définitivement une machine très intéressante d’un point de vue matériel.

ChromeOS, euh…

Je ne vais pas revenir sur ce que je pense de Google, mais je pense qu’il est nécessaire de s’attarder un peu sur ce système d’exploitation qui est particulièrement méconnu. En gros, tout le système est construit autour de Chrome, qui à la base est le navigateur maison de Google créé en 2008 (et on sait ce que j’en pense). Pratiquement toutes les applications ne sont que des plugins/applications qui se lancent au sein de celui-ci, et autant dire que leur nombre est très pauvre.

Cerise sur le gâteau, le système n’est réellement utilisable qu’avec un compte Google, c’est d’ailleurs la première chose qu’il vous demande à l’allumage de la machine. En contrepartie vous avez accès à la myriade de services que le géant propose gratuitement, si vous acceptez de payer le prix de votre vie privée (pas que la votre, mais c’est pas le sujet). Le gros bémol, c’est que ça ne fonctionne bien qu’avec une connexion à Internet, et la faible taille du stockage fourni est là pour pousser à l’utilisation de Drive.

Bref, vous l’aurez compris, ce système n’est absolument pas adapté à mes usages, aussi bien avec que sans connexion. Sans parler du fait que les formats vidéos et audios supportés sont assez spartiates (pas d’AC3 par exemple, parce que c’est un format propriétaire sous licence), et qu’il n’y a pas possibilité d’installer d’applications hors Chrome, l’environnement est assez contrôlé.

Mais, et c’est heureux, il est possible, dans la plupart des cas, soit de se passer complètement de ChromeOS, soit d’installer par dessus une VRAIE distribution Linux. Google propose un mode développeur sur Chrome qui permet ça. Et c’est justement là-dessus que j’ai compté.

Pas de suppression, mais un crouton

C’est un titre étrange, j’en conviens, mais c’est parce qu’il permet d’introduire un outil diablement pratique qui me permet de contourner un blocage m’empêchant de complètement remplacer ChromeOS.

L’outil en question s’appelle Crouton, et c’est donc lui qui m’a permis d’installer une Ubuntu 14.04 LTS avec XFCE. J’ai choisi 14.04 parce que pour l’instant c’est la LTS la plus récente qui soit officiellement supportée par l’outil, et pour la blague c’est la version que j’utilise actuellement sur ma VM de travail. J’ai d’abord fait l’expérience d’une Debian Jessie (XFCE toujours) mais j’avais besoin d’un peu plus de fraicheur, et mes premières expérimentations l’ont quelque peu fait souffrir (j’ai également tenté l’intégration xiwi, mais ça m’a valu la perte du clic droit sur le touchpad, pas vraiment ce que j’attendais comme intégration).

Techniquement, et ce grâce au mode développeur, ça permet de créer un environnement chroot complet au sein duquel démarrer sa distribution, par dessus ChromeOS donc. La consommation de RAM est plus importante dans ce cas (Chrome n’étant pas léger, si j’utilise Firefox ET Thunderbird dans mon Ubuntu, c’est violent), mais il y a vraiment peu de choses à reprocher. Pour l’instant l’outil supporte Debian et Ubuntu dans une variantes de versions et de bureaux plutôt sympa, à moins d’être une groupie de RPM ou de Pacman (ou pire, d’ebuild), ça fonctionnera sans problème.

Quelques glitches quand même

Celui qui m’a le plus occupé finalement, c’est l’utilisation d’OpenVPN. Fidèle à lui-même ChromeOS n’est pas spécialement coopératif avec le protocole opensource, donc je me suis rabattu sur la ligne de commande au sein du chroot et quelques recherches. Ça a fini en script à lancer dans un terminal (Terminator donc, Guake étant un peu trop superflu pour le coup), je le partagerai probablement quand j’en aurai fini de le peaufiner.

Sinon, j’ai le plus grand mal à changer l’hôte pour autre chose que localhost, pas la mort ceci dit. Par défaut le système s’installe en anglais, et j’ai eu toutes les peines du monde à changer de langue, souvent les outils en ligne de commande restent d’ailleurs dans la langue de Sir Ian McKellen. Ah oui, si j’arrive à lire les vidéos avec du son AC3, par contre, c’est une autre histoire, on est là soit dans le manque de puissance manifeste soit dans un souci avec le fait d’être en chroot.

Le problème, c’est que pour l’instant, à part démonter la machine pour physiquement trouver le switch me permettant de démarrer sur USB et donc saquer ChromeOS complètement, je n’ai pas trop le choix, le boot sur USB m’ayant été clairement informé comme verrouillé. Ça viendra, mais même si la machine est très peu chère, je ne me vois pas la désosser trop tôt.

L’essayer, c’est l’adopter

Enfin bon, pour les principaux usages, Firefox et ligne de commandes, je suis comblé, et j’avoue être surpris par le confort visuel que celui-ci me procure malgré la diagonale restreinte que je craignais par dessus tout. C’est d’ailleurs grâce à lui que je me suis mis à ImageMagick. Comme je me trimballes déjà le disque dur externe avec le laptop LDLC, et que je suis maintenant bien équipé côté connexion Internet, je pense que dorénavant c’est celui qui m’accompagnera le plus souvent dans mes déplacements quotidiens, puisque j’aurai moins besoin de profiter de la fibre optique de mon employeur pour les mises à jour de mes machines. J’ai installé le strict nécessaire pour pouvoir accéder à mes différents serveurs/VM, quelques outils de tests, mon navigateur Web, et même certaines de mes boites mail (avec Thunderbird évidemment).

La seule chose qui est sûre, c’est que ChromeOS n’est pas fait pour être utilisable. En tout cas quand on compte vraiment se servir de cette machine.

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Cascador
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Salute,

Merci pour ce retour. J’ai cru comprendre qu’à chaque MAJ de ChromeOS, il fallait réinstaller crouton ou un truc dans le genre, tu confirmes ?

Je te félicite d’avoir été sur une telle solution et l’article remonte bien les nombreux avantages (notamment qualité du matériel : batterie, clavier, écran mat, poids). Pour ma part j’attends la compatibilité avec le Google Play et par rebond à Termux avant de me repencher sur cette solution.

Tcho !

Filovitch
Invité
Filovitch

Super article. Je suis également près intéressé par l’utilisation d’un chromebook avec la même utilisation que toi.

Par contre, le fait de devoir passer par dessus ChromeOS me freine un peu notamment par rapport à l’utilisation de la mémoire. Tu cites dans ton article, qu’il est possible de se passer complètement de ChromeOS. Dans quelle cas de figure? Pourquoi ne pas être parti sur cette solution?

Thelvaen
Invité
Thelvaen

Heu perso, pour l’usage que j’en avais en mobilité, j’avoue que le ChromeBook en mode dev me suffisait (navigateur + shell avec ssh).

VieuxGeek
Invité
VieuxGeek

On achète un Chromebook pour Chrome OS + les applications Android, pour se loguer à son compte Google et avoir en quelques secondes un truc synchronisé avec son tel Android et qui fonctionne comme une fusée. Commencer par essayer de tourner le truc, chercher des pilotes, résoudre des problèmes de compatibilité matériel, avoir un système instable, réinstaller à chaque update, voire ouvrir la bestiole pour enlever des connecteurs sur des cartes, c’est confondre la fin et le moyen. Si on veut un ordi bootable sous Windows ou Linux, on prend un convertible sous Windows, un laptop classique, ou un ultra-book… Read more »

VieuxGeek
Invité
VieuxGeek

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