Ce que je comprend des services alternatifs fédérés et les problèmes qu’il reste à couvrir

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Pour les techniciens, désolé, ça ne sera pas un tour de table exhaustif des protocoles et sites à la mode qui courent en ce moment. Non, ici, on va reprendre un peu à la base, pour présenter les choses simplement. Mais ne partez pas, parce qu’il reste des choses à dire sur les enjeux, en particulier ceux auxquels selon moi ils ne répondent pas. On va causer réseaux sociaux, services vidéos, créateurs, et problème fondamental du Web actuel.

C’est quoi un service fédéré alternatif ?

Avant d’attaquer l’aspect fédéré, revenons sur le concept d’alternative. Il s’agit de proposer d’autres solutions pour remplir plus ou moins la même fonction. Vous avez déjà entendu parler de LibreOffice comme alternative à Microsoft Office, ou d’Ubuntu comme alternative à Microsoft Windows ? Le concept est le même pour les services Web, dont la plupart sont verrouillés par les entreprises qui les développent. L’année dernière il a été fait grand bruit de Mastodon (par exemple sur Libération, pas vraiment orienté technique comme site d’information), présenté comme alternative à Twitter, Diaspora* existe depuis quelques années en étant présenté comme « remplaçant » de Facebook, plus récemment on fait beaucoup de bruit autour de la montée en puissance de PeerTube pour déloger YouTube de son fauteuil doré afin qu’il retourne sur une chaise (dorée aussi, mais j’y reviendrais). Voilà, pas besoin de rentrer dans la technique, vous avez le concept, ce sont des services « concurrents », mais qui sont développés avec une particularité qui est très intéressante à mon sens et qui devrait retenir l’attention des gens.

Et là, on va parler de fédération. Déjà, on rappelle que Twitter, Facebook, YouTube et compagnie sont des entreprises privées qui centralisent les données qu’on leur fournit (contenus, interactions, plus pistage sur les sites tiers) dans leurs silos. Vous n’avez qu’un seul point d’entrée pour Twitter, un seul pour YouTube, etc. Les conditions d’utilisation sont également douteuses, mais ce n’est pas le sujet principal, juste prendre en compte qu’ils sont les seuls maîtres à bord de LEUR navire. Et que s’ils choisissent de filtrer, censurer, ou que les autorités de votre pays de résidence décident que vous n’avez plus le droit d’accéder à un service, vous n’avez plus accès à rien.

Dans le cadre d’un service fédéré, il existe plusieurs copies du même service, mais les copies dialoguent entre elles pour indiquer quels contenus elles hébergent, de sorte que quelle que soit l’instance (c’est le terme utilisé pour désigner la copie) sur laquelle vous vous rendez, le contenu intégral vous est proposé. La notion principale et l’objectif recherché est là : tout le contenu n’est plus hébergé dans un « lieu » unique avec un seul décideur quant à sa disponibilité, mais réparti sur de multiples lieux, de sorte que si l’un des lieux tombe, le reste du contenu est toujours disponible, et il n’y a qu’un seul morceau qui manque.

À qui faire confiance ?

Les idéalistes pensent que chacun peut installer sa propre copie, s’inscrire dessus et la connecter au reste du « fediverse », le nom donné à l’univers fédéré. L’histoire a prouvé maintes et maintes fois que la réalité est toute différente, et comme vous accordez une certaine confiance à Facebook, vous allez devoir faire confiance de nouveau à des prestataires pour la fourniture du service, à moins d’être un administrateur système confirmé.

Et là, bon courage. D’une part, quelque soit la robustesse de la solution logicielle, l’héberger soi même est un travail de technicien, donc un très très faible pourcentage du public global peut se le permettre. Ensuite, en admettant qu’une personne monte une instance, et accepte des inscriptions dessus, elle devient du coup, en tant qu’hébergeur, responsable juridiquement des éventuels débordements des utilisateurs de son bout de réseau. Et là, la proportion des techniciens prêts à prendre du temps et de l’argent pour assumer ce rôle fond encore plus comme neige au soleil.

C’est tout le problème qu’a rencontré Framasoft lors du lancement de la campagne Dégooglisons Internet. L’idée de base était de montrer que les alternatives qui vous respectent existent, et de proposer un service « framabidule » en preuve de concept, sans oublier de mettre en avant le logiciel original en dessous pour pouvoir le monter vous-même ailleurs pour vos propres besoins. Je vous le donne en mille, certains de leurs services sont déjà devenus incontournables, les utilisateurs ne cherchant qu’à rester utilisateurs avant tout. Il serait aussi intéressant de connaître le niveau de contribution apporté par le flot d’utilisateurs avancés supplémentaires qui ont été apportés par la campagne.

Le titre du chapitre c’est à qui faire confiance, et je pense qu’on peut sans peine faire confiance à Framasoft sans trop de difficultés. Mais Framasoft n’est qu’une association, certes suffisamment volumineuse pour se permettre d’avoir des « salariés », mais association avant tout. Et rien n’est gratuit dans le monde du numérique, à commencer par l’infrastructure. Tout comme Wikipedia, malgré des plans de fonctionnement sur plusieurs années, ceux-ci sont dépendants d’un budget pour lequel ils doivent se battre chaque année à renforts d’appel aux dons. Wikipedia a d’ailleurs été plusieurs fois critiqué pour la forme qu’a pris leurs appels aux dons.

La confiance sera peut-être plus limitée avec un autre acteur plus modeste. Le collectif C.H.A.T.O.N.S. initié la aussi par Framasoft est une étape supplémentaire pour proposer une sorte d’annuaire d’hébergeurs capables de proposer le même type de services qu’eux. Hébergeurs qui respectent tous une charte sur le respect de leurs utilisateurs. Mais ce n’est pas exclusif, c’est tout le concept dans le cas d’un service fédéré.

Et là, ça se complique vachement.

Qui lit les cgu ?

La question n’est pas anodine. Les fameuses conditions générales d’utilisation des services que personne ne lit jamais avant de filer ses données à un service souvent outre Atlantique ont un certain avantage dans le cadre des services centralisés : elles sont les mêmes pour tout le monde, puisque tout le monde se connecte au même endroit.

Dans le fediverse, la situation est différente : chaque instance du service peut imposer ses propres conditions d’utilisation. Toutes ne se valent pas, encore qu’il y a un tronc commun; pire encore, pour étendre le sujet sur la confiance, l’égo de l’administrateur peut rentrer en ligne de compte. Comment c’est possible ? Comme je l’ai dit, juridiquement l’hébergeur est responsable du contenu qui est publié chez lui, même si le contenu est consultable en dehors via une autre instance. Il a donc tout intérêt à établir des règles, et il n’est pas rare de voir des conditions très particulières d’utilisation, en fonction de l’administrateur justement.

Le(s) problème(s) spécifique(s) de la vidéo

Je voulais mettre ce paragraphe à part, parce que selon moi le domaine de la vidéo met énormément de problèmes en lumière. De la même manière que Mastodon a fait du bruit l’année dernière, Framasoft a réussi à faire parler de PeerTube, et mieux encore, financer le salaire de son développeur principal pour qu’il se concentre dessus sur l’année qui vient. C’est déjà un exploit remarquable que je tiens à saluer.

PeerTube donc, vous l’aurez deviné doit proposer une alternative à YouTube décentralisée, fédérée, avec une particularité supplémentaire nécessaire selon moi en raison du poids des contenus : dans la mesure du possible les vidéos sont diffusées en peer-to-peer, donc d’utilisateur a utilisateur et non plus uniquement de serveur à utilisateur (le serveur fait toujours office de source, de sorte que même si personne n’est en train de regarder la vidéo, elle reste toujours disponible). C’est une très très bonne idée selon moi, et les navigateurs modernes sont maintenant suffisamment équipés pour supporter ça sans problème. Enfin sans problème, j’en parle tout à l’heure.

Le logiciel est jeune, à peine trois ans, doit encore compléter ses fonctionnalités, mais fonctionne déjà bien, et c’est ce qui je pense à fait le succès de la campagne de financement. Et il semble reposer sur des bases techniques solides qui ne le limiteront pas beaucoup dans le futur (je dois encore mettre mon nez dedans pour confirmer cette impression). Rien que la fédération est intéressante en soi, car il existait déjà des outils « clé en main » pour monter une plate-forme de diffusion vidéo, mais mono serveur. Et puis, essayez de monter un serveur Mediagoblin et revenez me voir quand vous aurez séché les dernières larmes de sang de votre visage (un problème qui touche également Diaspora* et dans une moindre mesure Mastodon en raison de leurs choix techniques).

Maintenant, difficile de parler de diffusion vidéo sans parler de création, donc des créateurs. Sur le papier, tout le monde peut produire du contenu à hauteur de ses moyens et les diffuser. Mais mécaniquement un contenu vidéo coûte beaucoup plus cher à produire, que ce soit avec le matériel nécessaire en fonction du type de contenu, qu’en temps passé en écriture, tournage, montage, encodage (pour gagner du temps on peut dépenser en machine puissante), et enfin la publication, l’envoi de la vidéo finale sur nos connexions ADSL est une tannée et il n’y a que des ministres parisiens surgavés de réseaux pour penser que la fibre est déjà majoritaire sur nos territoires.

Et certains cherchent donc, au regard du temps passé, à en faire leur activité professionnelle, souvent en tant qu’indépendant, et pour ça, il faut une source de revenus. Sur YouTube si historiquement la publicité apposée sur les contenus suffisait, le paysage a évolué, les revenus se sont effondrés, et il n’est pas rare que le résultat soit un mix de publicités (qui pose d’autres problèmes, j’y reviendrai), de financement participatif, d’opérations spéciales financées par des marques voulant mettre un produit ou service en avant… Malgré tout la publicité reste une part importante et rares sont ceux qui disposent d’une communauté de financeurs (sur Tipeee ou Patreon par exemple) suffisante pour s’en passer. C’est même souvent la première et unique source pour ceux qui débutent, avant d’acquérir la visibilité suffisante pour tenter l’aventure participative, puis les opérations spéciales.

Sauf que là où YouTube est un point de diffusion unique, permettant de garantir dans une certaine mesure les affichages de publicité, et de centraliser du coup la répartition des revenus, une vidéo sur PeerTube peut être regardée depuis n’importe quelle instance qui n’inclut pas forcément de contenus publicitaires, pire, chaque instance pourrait tenter l’aventure avec une régie pub différente, et là bon courage pour gérer ensuite la rétribution financière, puisque le principe veut que c’est la plate-forme qui récupère les sioux et ventile ensuite en fonction du trafic mesuré. Et ça va être ingérable pour ventiler sur des producteurs qui sont inscrits ailleurs. D’autant plus qu’il faut garder à l’esprit ce que j’évoquais sur les cgu et les administrateurs…

Sans ce premier braquet, il est donc compliqué de voir émerger des producteurs qui pèsent, d’autant plus qu’il va falloir du temps pour que le réseau représente un parc de visionneurs significatif (une quasi-histoire d’œuf et de poule), hors ce qui continue de pousser les nouveaux joueurs sur YouTube pour tenter de vivre de leurs créations, c’est l’assurance de toucher une audience potentielle particulièrement rapidement. Et avec la visibilité qu’on acquiert, les contrats spécialisés permettant de diversifier les revenus. Quand YouTube peut annoncer plus d’un milliard et demi d’utilisateurs mensuels, qui est un chiffre qui plaît aux marques, compliqué de pouvoir calculer l’équivalent dans un univers fédéré. D’autant qu’il faudra longtemps pour qu’il soit disons équivalent à un Dailymotion pourtant moribond aujourd’hui face à YouTube.

Et là j’entends déjà les extrémistes me dire qu’on a pas besoin de « YouTubeurs » sur Peertube. Oui, mais vos instances, elles existent pas par magie non plus, ce sont des logiciels puissants qui demandent une ou plusieurs machines qui supporte(nt) à la fois le stockage et la conversion de la vidéo pour s’adapter au visiteur et son débit. Débit qui doit aussi être conséquent malgré l’utilisation du WebTorrent, la technique pour la diffusion vidéo en peer-to-peer, car à chaque publication de vidéo il faut s’attendre à une période « creuse » ou personne n’est en capacité de servir de pair. On parlait de CHATONS tout à l’heure, il faut bien comprendre que la plupart des services qu’ils proposent sont payants. Pour une bonne et simple raison : l’hébergement ça coûte cher. YouTube ne fait rien payer à ses utilisateurs (ça vient doucement avec des abonnements « premium »), et rien non plus aux créateurs. Si ces derniers touchent de moins en moins sur la publicité, c’est que celle-ci finance avant tout l’infrastructure gargantuesque de YouTube. Il en sera de même pour ceux qui tenteront l’aventure Peertube, il faudra trouver un modèle pour pouvoir supporter les coûts de cette infrastructure. C’est tout le problème du web à l’heure actuelle : les utilisateurs ont été habitués pendant plus de 20 ans à ne rien payer, maintenant c’est la fête aux fermetures de sites parce qu’il est impossible de continuer à payer ou alimenter (le temps, encore lui) sans contreparties.

Ajoutez un problème technique ce coup-ci lié à WebTorrent, qui est donc une technique de peer-to-peer. Un point dont n’est pas responsable PeerTube en soi, mais lié au fait que les opérateurs persistent à vouloir créer des réseaux de consommation de contenus unidirectionnel quand internet a été conçu pour que chaque machine puisse jouer tous les rôles, consommateur ou diffuseur. Que ce soit sur les connexions ADSL, dont le débit montant, celui qui permet de pousser du contenu, est mécaniquement maintenu à une valeur ridiculement faible, empêchant de fait le partage efficace des contenus diffusés sur PeerTube (un point qui verra une solution dans le déploiement du très haut débit, le vrai, la fibre quoi), ou bien la contrainte du NAT, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler, et qui empêche par défaut toute connexion directe entre appareils derrière deux passerelles distinctes, compliquant d’autant plus la diffusion (upnp permet de s’en accommoder, mais il faut savoir ce que ça implique question sécurité). Un problème d’autant plus vrai sur des réseaux mobiles, dont les appareils sont tous cachés derrière des sortes de livebox géantes, là aussi pas question d’autoriser une connexion depuis l’extérieur.

En parlant de mobile, pour l’instant ce n’est pas une priorité, alors qu’avec un trafic qui se fait maintenant plus souvent sur smartphone que sur pc, c’est juste nécessaire, limite obligatoire. Mais là je peux comprendre en partie : proposer un client mobile présuppose d’abord d’avoir une plate-forme technique solide et surtout stable, d’un point de vue api entre autres. Il y a d’ailleurs déjà quelques débuts de tentatives d’application Android créées de manière indépendante, ce qui valide un peu ce que je viens de dire sur la nécessité, et me conforte aussi sur la faisabilité d’un ou plusieurs clients, même de manière indépendante à la plate-forme logicielle elle même.

À quand chez moi ?

Du fait de ne pas avoir besoin de monétisation, je pourrais très bien installer ma propre instance PeerTube pour y redéposer les quelques vidéos que j’ai pu produire pour le blog. Je n’ai pas prévu d’en ouvrir les accès autres qu’en lecture évidemment, c’est juste une manière de rendre mon blog moins dépendant d’un service privé sur lequel je n’ai aucune emprise. Pour les autres, ce n’est pas au programme, je passe déjà de moins en moins de temps sur Twitter, mais je garde une certaine tendresse par rapport à ce réseau malgré son évolution ou les récents déboires que j’ai pu avoir avec l’application officielle sur Android (et la difficulté pour les clients alternatifs de composer avec les conditions scandaleuses d’utilisation de l’API Twitter). Notamment car c’est un peu grâce à lui (et à Flemzord) que j’ai changé de vie.

On récapitule ?

Les services fédérés donc, ça permet de proposer une alternative aux services centralisés privés pour améliorer leur résilience, c’est à dire la capacité à rester debout, même partiellement, quand un morceau tombe. Il n’y a pas de censure globale possible. Ils sont encore souvent compliqués à installer soi-même, de fait la majorité des utilisateurs se tourne vers une poignée de prestataires plus ou moins dignes de confiance. Ces prestataires devront résoudre une équation parfois compliquée par rapport aux coûts d’infrastructure. Une équation qui se complique encore avec les créateurs quand on aborde le monde de la vidéo, et pour laquelle trouver un ou plusieurs modèles de financement sera très très compliqué selon moi. Financement qui concerne aussi l’infrastructure, et dont les utilisateurs ne sont pas habitués à contribuer.

Maintenant, je ne peux que vous encourager à tester ces services, typiquement, si vous êtes un accroc à Twitter, Mastodon devrait vous faire de l’œil, on commence à voir apparaître des outils comme Pixelfed pour montrer qu’Instagram aussi peut être copié autant qu’il copie Snapchat… Bref, très souvent vous trouverez des solutions alternatives qui ne reposent pas dans les mains de sociétés privées cotées en bourse dont les intérêts ne consistent pas à respecter leurs utilisateurs. La seule chose qui vous retiendra peut-être, c’est de convaincre vos connaissances actuelles d’y passer (ce qui fait que je suis presque coupé d’une partie de ma famille depuis l’arrivée de Facebook…). Mais c’est certainement l’occasion d’en rencontrer de nouvelles 🙂

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Cascador
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Cascador

Yo,

Sacré article, je salue le boulot abattu.

Tcho !

xala
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Oui, une analyse très intéressante et bien rédigée. Je salue aussi le travail!

Fabrice
Invité

Salut Seb, Mine de rien on tourne toujours autour du même problème : le financement… C’est à dire qu’au delà du plaisir (voire de la passion) de vouloir créer quelque chose ou d’héberger quelque chose dans un esprit ouvert et libre, il faut garder raison et toujours penser que quelque soit le « service » proposé il faudra toujours y consacrer un « budget ». Alors quand le budget reste raisonnable (une cinquantaine d’euros par mois par exemple) alors on peut se dire que cela représente le coût d’un loisir comme deux ou trois sorties au ciné par exemple. Mais quand cela représente un… Read more »

Cyrille
Invité

Dernièrement twitch c’est à dire Amazon, envoie des millions de dollars pour débaucher des youtubeurs. Il est évident qu’un jeune qui débarque, quelles que soient ses convictions a le droit, l’envie de se faire connaître. Démarrer sur une plateforme obscure où ses créations ne seront jamais vues ou presque, ce n’est pas un choix nécessairement facile à assumer.

Gérard
Invité
Gérard

Super boulot de fond ! Bravo.

(Sur la forme, serait-il possible de corriger la faute d’orthographe dans le titre ? Il faut un « s » à « Je comprends ».)