Travailler à Saint-Denis, plus qu’une autre région, un autre monde ?

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closeCet article a été publié il y a 3 ans 5 mois 2 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées, les commandes ne sont peut-être plus valides.

Depuis le premier juillet, j’ai démarré un nouvel emploi, qui m’a demandé de quitter ma campagne proche de la mer pour le bassin parisien, Saint-Denis pour être plus précis. Non seulement le taf en question est radicalement différent de ce que j’ai fait précédemment, mais en plus je dois m’organiser différemment pour le logement et le transport. Un grand écart au niveau du style de vie.

Posons un peu d’histoire d’abord : jusqu’à récemment, j’habitais une petite bourgade à trois minutes de la mer, comptant mille trois-cents âmes, et les communes alentours dépassent à peine ce chiffre, les plus grosses culminant à sept ou huit milles têtes de pipes. La campagne dans toute sa splendeur, touristique qui plus est, la mer en prime. Sans parler du tissu industriel très, très dominant dans la région (le Vimeu). J’avais la « chance » de travailler à dix kilomètres de la maison, je faisais du huit heures/dix-sept heures (plus dix-neuf sur la fin), et j’étais en weekend le vendredi midi (merki les trente-cinq heures). Précision, j’étais responsable des expéditions (avec donc la gestion des transports), et d’une partie de l’assemblage des produits fabriqués par l’entreprise.

Fast Forward, en mode Jean-Claude Van Damme, parce que je démarre en tant qu’Administrateur Système et Applicatif (spécialisation Linux) dans une société basée à Saint-Denis. Rien que l’idée fait s’écarquiller pas mal de paire d’yeux quand je raconte ça, à part peut-être à ceux qui savent que j’ai un circuit imprimé à la place du cœur. Mais voilà : mon statut actuel ne colle absolument pas à mon CV, document qui malheureusement en France fait encore trop souvent la loi sur votre avenir. Si dans l’informatique les choses changent plus vite, tout n’est pas perdu : il existe certaines initiatives, comme celles du passeport bénévole, qui permet de faire valider ses acquis issus d’activités bénévoles auprès de Pôle Emploi, qui ne valide que les acquis professionnels.

Mais la situation géographique est aussi radicalement différente. Dans l’immédiat, j’habite chez ma marraine dans une petite commune à côté de Chantilly, et je prend le RER pendant trois quarts d’heure, pour ensuite prendre une navette de l’entreprise qui nous conduit directement au bâtiment (et inversement le soir, du bâtiment à la gare RER). Je commence plus tard, je finis plus tard, et matin et soir j’ai pratiquement une heure de transport. Bref, je suis absent de huit heures du matin à huit heures du soir. Mais le travail et l’ambiance  dans lequel on l’exerce vaut largement ce « sacrifice ». D’autant que ça me permet de pratiquer une occupation que j’ai trop longtemps laissé de côté : la lecture. En ce moment, je rattrape une carence, la saga du Sorceleur d’Andrzej Sapkowski; oui, l’origine des jeux vidéo The Witcher. Quand j’aurais remplacé mon sac de transport, l’ordinateur sera de la partie pour faire de tout (y compris écrire un peu plus).

Au delà du travail et de l’environnement qu’on pourrait en théorie facilement transporter dans d’autres sociétés, le plus frappant dans l’immédiat c’est la densité de population. C’est bien simple, le premier matin, en attendant la navette, j’observais la sortie de la gare RER Stade de France, et en deux passages de train, j’ai vu passer plus de personnes se rendre à pied à leur travail qu’il y a d’habitants dans mon patelin côtier. Et j’en ai vu passer pas mal (j’ai raté une première navette parce que j’avais pas vu la pancarte de la société sur le pare-brises). Une personne chargée du « conseil à la populasse » postée à la gare RER m’a expliqué qu’un peu plus de 50000 personnes travaillent ici. Cette densité de population est assez déroutante au premier abord quand on est « habitué » à si peu, sans parler d’une diversité qui me ravit mais qui fait trop souvent peur dans la Somme économiquement et socialement sinistrée d’où je viens (et pourtant le maire de la commune est un modèle de tolérance, il est presque l’exception qui confirme la règle).

Mais c’est un fait : cette densité de population permet à une quantité hallucinante de services de voir le jour, parce qu’ils peuvent facilement toucher assez de monde pour rentrer dans leurs frais rapidement. Il ne faut par contre pas être claustrophobe quand vous emprunter ces transports en commun. Si le matin est encore assez « cool », le soir, c’est blindé. Sans parler que rien que les trois premiers jours, à cause des fortes chaleurs, incidents et retards perturbent le trafic, avec point culminant, rentré à minuit trente pour mon premier jour !

Mais au final, même si pour l’instant je souffre (besoin de m’acclimater aux scripts et environnements déployés par l’entreprise, des outils internes…), je me sens enfin à ma place. Et je dis ça sans vouloir faire de mal aux amis que je connais depuis des années, je les aime toujours autant et dans la mesure du possible je serais toujours là pour eux. Mais il me manquait quelque chose, et notamment des personnes physiques avec qui échanger sur tout ce « monde » technologique qui leur est étranger. Bizarrement je ne ressens pas ce syndrome de l’imposteur décrit par Cascador, peut-être parce que mes collaborateurs ne jugent pas mon passé. Peut-être aussi parce que je n’en fais pas non plus grand étalage, parce que je ne suis pas là pour expliquer d’où je viens, mais me concentrer sur où je vais. Et sur ce que je dois faire pour y arriver. Tout ça sans être explosé par le stress pour l’instant (ça viendra peut-être, le plus tard possible s’il vous plaît).

Bref, je me sens revivre. Et ça fait un bien fou.

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Arowan
Invité

Tu aurais pu faire quelques photos du chaos pour le retour de ton premier jour de boulot :d

Maxence Maireaux
Invité

Pas mal l’article !
Un grand plaisir de t’avoir avec nous, malheureusement plus pour très longtemps avec moi !

Mais ça me fait plaisir, d’avoir pu faire un petit (très très petit) bout de chemin avec toi.

Cascador
Invité
Cascador

Bravo à toi !

On se croisera peut-être dans le RER lol. Le plus dur ça reste les transports quand tu passes plus de 2h dedans par jour à la fin tu comptes et tu te dis que t’irais bien vivre dans une petite commune de 1300 personnes pas loin de la mer 😉

On est des chanceux on fait un métier qu’on aime et qui nous passionne, une réelle chance !

Tcho !