OBS : Stream Deck sans Stream Deck, avec un smartphone !

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Toujours dans ma découverte de l’utilisation d’OBS, je me suis intéressé à un des outils phares de nos diffuseurs indépendants : le Stream Deck. Outil commercialisé par la marque El Gato et pratiquement sans concurrent, à la qualité reconnue (c’est pas forcément le cas de tous leurs produits), mais pas donné ! Pourtant, il est possible, dans les premiers temps et si les besoins sont limités, de s’en passer. Démonstration.

Le Stream Deck, l’outil phare des diffuseurs indépendants

Le Stream Deck existe en plusieurs tailles, et permet d’avoir des icônes dédiées sur les boutons. Plus important encore, ce n’est pas un simple mapping de touches clavier standard contrairement à ce que j’ai du faire avec ma souris pour pouvoir affecter les boutons supplémentaires dans les jeux. On est réellement dans un appareil de contrôle indépendant, et il permet de déclencher des actions sur une quantité d’applications assez importante. Son apport est donc indéniable dans la configuration d’un streamer. La possibilité de programmer chaque bouton pour des séquences complexes, pas juste une action simple, le rend particulièrement puissant.

Le principal problème, c’est que c’est très vite très cher, surtout quand les besoins restent assez basiques, comme les miens.

De quoi ai-je besoin ?

Ben pour l’instant, c’est simple : j’ai créé différentes scènes basiques dans OBS, pour afficher/masquer la webcam quand je partage le bureau, une scène dédiée pour PUBG, et par défaut, pour switcher de scène, il faut que je bascule la souris sur la fenêtre d’OBS pour cliquer sur la scène que je veux afficher. Il est tout à fait possible de créer des raccourcis clavier pour chaque scène, mais quand on commence à multiplier les scènes, ça devient infernal. Et pas pratique du tout, notamment quand on est en jeu.

En cherchant un peu, on trouve vite des alternatives, pas forcément matérielles, mais d’abord logicielles. Pour la partie matérielle par exemple, il n’est pas rare d’avoir à disposition un smartphone, voire une tablette, on peut donc envisager de s’en servir pour afficher une grille de boutons pour faire le taf.

Trouver le bon candidat logiciel n’est cependant pas toujours super simple. J’ai quelques prérequis pour que ça soit partageable : installation minimaliste, application mobile gratuite, voire open-source.

La recherche de la perle rare (encore)

Plusieurs applications alternatives existent sur Android, gratuite et payantes, mais la plupart nécessitent un logiciel dédié sur l’ordinateur pour interagir avec OBS. Pas forcément fan, car la plupart de ces applications « compagnon » ne sont pas opensource. Malgré tout, en cherchant un peu, je tombe sur un petit plugin OBS : websocket. La description du dépôt n’est pas très heureuse, mais il s’agit d’exposer certains contrôles d’OBS comme les switches de scènes via le protocole websocket. Cela permet d’avoir une large palette de langages de développement compatibles très facilement.

Je ne désespère pas de trouver du coup un client compatible sur Android. Après une erreur de Qwant qui m’a envoyé en résultat un post trop vieux sur une application qui a basculé depuis sur le modèle compagnon évoqué plus haut, je suis tombé sur StreamControl sur le Play Store. Je n’ai en effet rien trouvé sur F-Droid pour faire le taf, si vous avez une idée ou si je me suis raté dans ma recherche, je prend ! StreamControl est une application gratuite qui dépend de la pub (bloquée par Blokada chez moi, qui lui est sur F-Droid). L’application se branche sur le serveur websocket d’OBS et permet entre autres choses de sélectionner les projets, collections de scènes, et donc les scènes, ainsi que de contrôler le mode de fondu. J’évoquerai plus loin les possibilités un peu plus poussées, mais il est parfait pour moi.

Comment ça marche ?

Le plugin websocket ajoute, comme souvent, une entrée dans le menu « Outils » d’OBS, « Paramètres du serveur websockets ». Il permet de configurer le port, une éventuelle authentification (je recommande vivement !), des notifications de connexion/déconnexion (on verra après pourquoi c’est pratique), et une option de debug quand ça déconne. Et évidemment une case pour activer/désactiver le serveur.

Oui, pour ceux qui n’auraient pas compris, websocket est un protocole réseau, le smartphone doit pouvoir joindre le port configuré sur ledit réseau, Wifi obligatoire donc. Pour les bourrins qui isoleraient les réseaux Wifi d’Ethernet, débrouillez-vous avec votre pare-feu 😀

Côté Android, le logiciel a le bon goût de faire lui-même la recherche du serveur en spécifiant juste le port :

On valide ensuite ce qu’il trouve, on lui donne un nom, le mot de passe que vous avez défini plus haut, et il devrait pouvoir se connecter. Sur le PC, si vous avez laissé coché les notifications, ça sera indiqué :

Sur le smartphone, l’interface vous affichera les principaux contrôles de la fenêtre principale d’OBS, à savoir le contrôle des scènes, de la diffusion et de l’enregistrement, le contrôle du volume audio des différentes sources. Vous pouvez agencer plus ou moins comme vous le souhaitez :

Attention pour les utilisateurs d’Android sur smartphone chinois (comprendre, d’une marque chinoise, ce qui est mon cas), la gestion de l’énergie étant souvent particulièrement agressive, j’ai eu des surprises très rapidement. En effet, à peine 5 secondes après avoir éteint l’écran du smartphone, l’ordinateur me balance une notification pénible :

Il a fallu aller dans les paramètres de batterie, pour désactiver la gestion « intelligente » de l’alimentation qui me foutait l’appli en veille direct. Malgré tout, une fois l’agressivité contenue, l’application déconnecte facilement une fois l’écran éteint. Il est possible de modifier le « timeout », soit le délai avant une déconnexion, mais je n’ai pas vraiment réussi à déterminer si c’est vraiment efficace.

Quelques « trucs » à retenir

En mode grille, vous pouvez agencer les boutons presque comme vous le souhaitez; malgré tout je n’ai pas réussi à masquer les boutons pour le déclenchement de l’enregistrement et/ou de la diffusion. Vous pouvez aussi ajouter des icônes dans le menu Paramètres qu’il faudra affecter aux différents boutons (via une pression longue sur le bouton concerné). Vous pouvez paramétrer les couleurs de l’interface si celles par défaut ne vous plaisent pas, même s’il y a déjà un thème sombre que je recommande vivement.

Je déconseille d’activer la preview sur mobile, si vous gardez celle de l’interface OBS sur un écran secondaire, c’est complètement con car ça va consommer masse de ressources sur le mobile, réseau et CPU, pour un résultat inutile ou presque vu la petitesse de l’écran.

En parlant d’écran de smartphone, à moins d’avoir une pelle à tarte géante, je déconseille d’utiliser le smartphone en mode paysage, il n’est pas possible de passer en plein écran et donc masquer les barres Android et celle de la connexion qui contient le nom de la connexion. Pour le mode paysage, attendez d’avoir une tablette. Il est même possible d’en récupérer une d’occasion pour faire le taf, si ça vous tente.

Vous êtes professionnel ? El Gato (ou Stream Labs Remote Control)

En effet, ce que j’ai présenté, c’est de l’artisanal comme j’aime les expérimenter, mais au quotidien, surtout si vous devez vous en servir plusieurs heures d’affilée, ce n’est pas une option que je recommande. Déjà vous dépendez d’un plugin qui n’est pas forcément le mieux intégré du monde, et qui doit être suivi de manière indépendante pour faire ses mises à jour. Ensuite, ça bloque le smartphone et si vous avez déjà l’habitude de le mettre de côté ou s’il sert à autre chose en même temps, c’est compliqué. Ceci dit, la version modifiée par Stream Labs d’OBS intègre déjà le remote et l’application mobile associée fera aussi bien le taf (voire mieux ?), et vous n’aurez plus la contrainte du suivi du plugin. Mais ce n’est pas dispo sous Linux, comme d’habitude…

Sinon, l’investissement dans le matériel est à recommander (on parle quand même de 100€ pour la version « mini » avec seulement six boutons, 150€ pour la version standard avec 15 boutons). C’est quand même un objet remarquable, ergonomique, le gros souci comme trop souvent, c’est qu’il n’y a pas de logiciel officiel sous Linux. On peut éventuellement jouer avec une bibliothèque indépendante, mais à vos risques et périls. On retombe dans la problématique du support des périphériques gaming que j’ai pu évoquer il y a un certain temps.

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Invité

Bonjour !
Un ami m’a partagé ton article pour m’aider à trouver une solution StreamDeck.
De mon coté, j’utilise MacroDeck (https://macrodeck.org/) : Gratuit, pas de pub, fonctionne grâce des donations.
Ca requiert, une application sur l’ordinateur et sur la tablette. En ce qui me concerne elle est plus sympa que StreamControl.
Je lie ça à l’application Soundpad pour diffuser des sons (via des raccourcis clavier) en plus lors du stream. J’ai parfois des soucis de « binding » mais neuf fois sur dix, c’est impeccable.
On peut gérer des dossiers, comme sur un StreamDeck. Bref, j’en suis très content 🙂

Bon jeu !