Un administrateur système c’est quoi au final ? 

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closeCet article a été publié il y a 3 ans 3 mois 8 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées, les commandes ne sont peut-être plus valides.

En effet, je dois encore me poser la question, surtout quand je dois répondre à des personnes qui ne connaissent absolument pas ce métier, tout comme elles ne savent pas se servir de leur informatique de manière correcte. Il est vrai que les missions d’un sysadmin peuvent être nombreuses, et parfois difficiles à décrire pour un profane.

La présentation ne sera pas exhaustive, et je compte sur mes confrères pour compléter et corriger dans les commentaires.

Un Sysadmin, personne ne sait ce qu’il fait, mais tout le monde sait quand il ne le fait pas

J’aime cette citation, car elle traduit parfaitement la difficulté que l’on peut avoir à décrire notre métier. Il est vrai que les missions sont variées, les technologies tout autant, et donc d’une entreprise à l’autre, un administrateur système percevra son métier d’une manière particulièrement différente d’un confrère. Certains passeront la moitié de leur temps les mains littéralement dans le cambouis, d’autres, comme moi pour être honnête, ne voient que très rarement du matériel, à l’heure du « Cloud » et de sa facilité d’utilisation et de déploiement (sans parler de la gestion des ressources).

L’hébergement d’une application Web lui-même peut varier fortement en termes de technologies, selon qu’on doit propulser un blog (ou pour utiliser les bons termes, un CMS), une plateforme d’annonces, de conversion vidéo, un site marchand (et je peux vous dire que la plateforme de la FNAC, c’est du très lourd, au point qu’elle possède sa propre équipe).

Une palette de connaissances très large

J’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer je pense, de manière plus ou moins complète, mais rien que pour un bête blog comme celui-ci, si vous gérez tout de bout en bout, il faut des connaissances :

  • Système, parce que le matériel, réel ou virtuel, ne se pilote pas tout seul, il faut un OS (Linux FTW)
  • DNS, votre blog n’est pas juste un numéro/une adresse IP, c’est une personne libre (cherchez la référence)
  • Web, parce qu’il faut bien quelqu’un pour parler à votre navigateur, connaitre le protocole aide bien
  • PHP, autrement dit un langage de programmation, parce que c’est celui du code du blog (coeur, thème, extension)
  • Base de données relationnelle, MariaDB en l’occurrence, parce que vos articles ne sont pas dans des fichiers texte brut (ça c’est PluXML)
  • Monitoring, parce qu’il faut bien surveiller que tout reste en ligne et fonctionne bien
  • Sauvegarde, parce qu’on sait jamais, tout peut arriver, même sur un serveur
  • Sécurité, parce qu’à l’instar des PC zombies, votre serveur peut finir par se retourner contre vous si vous ne faites pas attention

Et là, on évoque le minimum. Imaginez qu’on rajoute une bonne solution de cache, tel Varnish, que l’on aie une volonté de haute disponibilité avec un système de répartition de charge, une réplication de base de données en temps réel, tout ça multiplie d’autant les machines à gérer et les solutions pour qu’elles communiquent toutes en harmonie. Et même dans une topologie identique, plusieurs solutions existent qui auront chacune leurs spécificités à connaître et exploiter.

Également, vous n’imaginez pas à quel point le Java est répandu côté serveur, et contrairement aux navigateurs il n’est pas prêt de disparaître du paysage. Ah oui, si vous travaillez chez un hébergeur, « cloud » oblige de solides connaissances en virtualisation peuvent être un sacré plus. Sans même évoquer le réseau, qui peut carrément nécessiter un spécialiste dédié, l’administrateur réseau. Enfin bref, comme je l’ai dit, pas question de faire la liste complète, ne serait-ce que parce que je n’ai pas la prétention, du haut de mon unique année d’expérience professionnelle, d’avoir fait le tour de la question et de tout connaître.

Un bon admin est un admin curieux

En effet, le monde de l’informatique au sens large est un domaine vivant, qu’on pourrait presque comparer à d’autres disciplines comme la biologie (une analogie pertinente quand on aborde le cas des virus). Tout le temps de nouvelles technologies à aborder, tester, envisager dans différents contextes, de nouvelles menaces à combattre, des améliorations de technos existantes, des outils à la con mais à la mode avec lesquels vous devrez malheureusement composer (NodeJS, Docker…), etc.

Si vous restez sur vos acquis, il ne faudra pas trois ans avant d’être dépassés ou à minima de rester cantonné à votre domaine actuel, qui finira inévitablement par muter au point de vous rendre inutile, non pas que vous soyez devenus incompétent sur vos connaissances, mais elles ne correspondent plus au « marché », disons plutôt à l’état de l’art.

Pour ma veille, je suis différents sites dont le Journal du Hacker (j’ai été grossier en oubliant de remercier Carl Chenet quand je l’ai rencontré à l’Ubuntu Party en mai dernier, toutes mes excuses), grâce à mon lecteur de flux RSS.

Un bon admin est un admin feignant

L’informatique est un outil magnifique, qu’on peut plier à sa volonté. Un feignant cherchera toujours à en faire le moins possible, et un admin saura parfaitement s’illustrer dans ce domaine. En effet, tout ce qui est répétitif comme tâche peut s’automatiser, et on aura tout intérêt à s’éviter de longues manipulations rébarbatives quand tout peut être lancé avec un seul doigt, laissant le temps de faire autre chose pendant ce temps-là, comme tester d’autres choses, ou répondre aux demandes d’autres clients. Sans être un développeur pur et dur, le sysadmin sait écrire des routines plus ou moins complexes pour remplir une tâche seule ou une série.

Et Dieu sait si des tâches répétitives, ça pullule sur un serveur. Imaginez si Cascador devait en permanence se connecter à sa horde de machines pour les entretenir, plutôt qu’en passant par Ansible, ou tout autre outil tel Puppet (l’utilisation des deux n’est pas forcément exclusive d’ailleurs). Cela pourrait prendre jusqu’à une journée entière, et ce, plusieurs fois par mois. Impensable, et idiot.

Un sysadmin est aussi (surtout ?) un mécanicien

J’ai l’habitude de dire que l’on a pas besoin de connaître le fonctionnement interne du moteur de sa voiture pour la conduire, et qu’il en est de même avec son ordinateur. Le jour où la voiture déconne, vous allez au garage. Quand un serveur déconne, c’est le sysadmin qui se déplace à domicile, si je puis dire.

En effet, savoir installer tout ce que j’ai évoqué plus haut ne suffit pas pour faire de vous un administrateur système chevronné, d’autant plus en 2016 avec cette immense base de connaissances qu’est Internet. Non, c’est sa capacité à s’adapter pour réparer le jour où ça déconne qui caractérise un sysadmin. Et pareil, dans le cadre d’une entreprise comme LinkByNet aux multiples clients et donc profils de serveurs, il faut un sang-froid et une bonne capacité d’analyse et, très honnêtement, de recherche Google pour savoir s’en sortir avec les symptômes rencontrés, notamment quand c’est votre première fois sur certaines technologies.

Un sysadmin est un conseiller

Fort de ses connaissances dans différentes technologies, de leurs forces et surtout leurs faiblesses, le sysadmin peut proposer des solutions adaptées à l’activité de son client ou de son entreprise. Savoir proposer des alternatives à des technos vieillissantes, ou très mal maîtrisées par les collaborateurs, est une force. D’autant plus quand la solution permet d’économiser et/ou de gagner de l’argent.

Cela permet aussi de rassurer les personnes en face de lui, quand la solution proposée sera synonyme de business gagné ou surtout perdu en cas d’indisponibilité. Certains de mes clients peuvent perdre 3000€ par heure de coupure. Autant dire que quand ça pète, vous sautez sur le serveur comme la misère sur le monde pour le remettre sur ses rails, et surtout, faire ne sorte que ça se reproduise le moins souvent.

Un métier en pleine mutation

En effet, la feignantise pousse à une automatisation poussée de la gestion des « couches basses », il y a donc de moins en moins besoin de petites mains sur cette partie là. Est-ce que l’on va vers une baisse du nombre de techniciens, comme le suggère Silicon ? Pas nécessairement, mais inévitablement le métier va évoluer, avec une spécialisation sur les applications finales, dont la complexité ne cesse d’augmenter, et les habitudes des développeurs tout aussi étranges.

Est-ce un bien, est-ce un mal, je n’ai pas la réponse à cette question. À moins d’être vraiment mordu, je pense qu’on ne reste pas non plus 30 ans administrateur système, ou en tout cas au même poste à traiter des mêmes sujets. La mobilité est plus forte dans le secteur de l’informatique où quand vous avez trois ans d’ancienneté, vous êtes déjà « un ancien ». Assez aberrant pour moi qui vient de la « vieille » industrie où certaines personnes auront passé toute leur vie au même poste ou presque, donc pendant quarante ans.

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xharkBuzutCarl ChenetErwannFran Auteurs de commentaires récents
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ANDRE Ani
Invité

Intéressant tout cela merci 😉 J’essaye de me former en ce moment (formation en ligne et livres).

Fran
Invité
Fran

très bon article, partagé sur mon LinkedIn

Erwann
Invité
Erwann

Le plus grand défi des SysAdmin est d’être en mesure de maîtriser (comprendre, maintenir, faire évoluer) des architectures toujours plus complexes que même les constructeurs ne sont plus en mesure de soutenir de manière efficace. Au cours de ces 10 dernières années, chez différents clients, j’ai été confronté au problème de la « sur-spécialisation » des experts techniques des grands constructeurs. En cas de problèmes (graves), chacun des experts renvoit la balle aux collègues (c’est pas moi, c’est l’autre ! Jeu bien connu dit de la « patate chaude »). Ce n’est pas l’OS, c’est HACMP ; ce n’est pas HACMP, c’est le SAN… Lire la suite »

Carl Chenet
Invité

Salut et merci pour la mention du Journal du hacker. Il n’y a pas à s’excuser, j’ai moi-même eu du mal à dire bonjour à tout le monde lors de cet événement 🙂

Buzut
Invité

Ça illustre vraiment bien la multiplicité des tâches auxquelles a à faire le sysadmin, merci pour l’article ! Par ailleurs, NodeJs et Docker, des outils à la con ? Je suis curieux d’en apprendre un peu plus sur ton opinion à ce sujet !

xhark
Invité

J’avais un billet en préparation sur la même thématique, bon du coup je vais m’attarder sur le tiens. Je pense que tu fais echo au sujet déjà abordé sur le subreddit sysadmin_fr ? Le métier de sysAdmin est un métier très exigeant qui nécessite de garder son calme pour affronter des situations parfois désastreuses, l’astreinte est très présente (et souvent très anxiogène). Ce métier génère parfois de la frustration car il faut souvent être sur le pont et la paye semble parfois bien mal adaptée au contexte (risques, responsabilités…). Pour moi il y a 2 types de profils : ceux… Lire la suite »