AMD Ryzen : pourquoi il était temps

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AMD a enfin réussi à sortir de leur fondement une architecture CPU enfin au niveau d’Intel sur les processeurs de bureau grand public, aussi bien sur les performances que sur l’efficacité énergétique. Les différents tests remontent pourtant quelques problèmes de jeunesse, et moi-même je n’ai pas prévu de changer de machine avant un moment (en gros, quand le mien rendra l’âme, ou que vraiment il ne suffira plus dans le peu de jeux auquel je joue encore). Alors pourquoi est-ce que je prend la peine d’en parler ?

Je ne suis pas spécialement un fanboy. J’ai tendance à utiliser un matériel ou logiciel lorsqu’il convient, qu’il soit libre, open-source, propriétaire, mix de tout ça. Mon premier PC perso était équipé d’Intel Celeron 400, en cartouche excusez du peu, ce n’était pas un choix, mais un don de mon oncle. Il a été remplacé un an après par des modèles AMD, d’abord Duron puis le mythique Athlon XP 2400+. J’ai eu ensuite mon premier laptop sous Intel Pentium M avant de rebasculer sur PC, toujours avec l’Athlon XP (qui s’est vu affublé d’une Geforce 6600GT), et une refonte complète de la tour pour passer sous Intel Core 2 Duo. Après la mort de la carte-mère, j’ai investi dans un AMD Phenom 2 X4 955 Black Edition, pendant quelques années avant de basculer sur le Intel Core i7 2600 qui m’accompagne encore aujourd’hui (bien que je suis aussi sur un Core i3 sur le laptop).

On le voit, j’ai donc vraiment basculé entre les deux fabricants au fil des années. Tout simplement parce qu’au moment où j’avais besoin d’acheter, c’était le plus intéressant, ou dans mes moyens, mais c’était généralement le rapport qualité/prix qui prévalait. Et depuis quelques années, j’étais donc désolé de voir qu’Intel était seul en lice sur le terrain à la fois des performances et de la consommation (entraînant des prix délirants, comme dans toute situation de monopole). Si bien que n’importe qui ayant un peu de jugeote vous dira d’éviter les CPU AMD comme la peste sur les laptops et les PC de bureau, autant pour leurs performances minables que leur chauffe et leur consommation délirante.

Ryzen is coming

Et donc, avec un peu de maladresse de la part d’AMD au niveau de la communication, sort Ryzen, ou plutôt Zen, qui est le nom de l’architecture tant attendue devant permettre à AMD de mettre une pile à Intel. Force est de constater que dans les tests des différents sites que j’ai pu lire, la promesse est globalement tenue. Le CPU rivalise voire dépasse ses concurrents directs, avec au final une consommation équivalente, mais pour un prix bien inférieur à Intel. Ça a toujours été une caractéristique d’AMD, mais ces dernières années, le prix n’était qu’un moyen d’essayer d’écouler un stock de puces vraiment inintéressantes au possible, aussi bien dans l’utilisation quotidienne que dans la facture d’électricité. Mais à leur grande époque, les CPUs AMD étaient déjà plus intéressants financièrement parlant.

Pour reparler des performances, on voit un des effets pervers d’un quasi-monopole d’Intel depuis 10 ans : les jeux, les applis pros, les OS, sont d’abord compilés pour CPUs Intel, et tout écart dans le fonctionnement notamment du SMT se traduit par des problèmes de performances avec une architecture différente, comme c’est le cas ici. Dès qu’on patche un peu, le CPU donne tout ce qu’il a, et ça fait plaisir à voir que finalement les développeurs font l’effort de se pencher sur de tels correctifs. AMD a aussi reconnu des problèmes de jeunesse dans la gestion de la RAM et du microcode, des problèmes qu’ils n’hésitent pas à corriger rapidement pour garder la main sur le succès qu’ils rencontrent. Autre fait notable, contrairement aux derniers lancements notamment de carte graphique de la marque, le calendrier est respecté, avec la sortie récente des Ryzen 5, qui semblent tout aussi voire plus intéressant que les modèles 7. Histoire de se faire mal en français les tests d’Hardware.fr sont vraiment complets.

Des versions mobiles attendues au tournant

En effet, c’est une réalité qu’il ne faut pas oublier : AMD n’effacera pas des années et des milliards de dollars de dette avec seulement des CPU pour un marché du PC de bureau plus restreint que jamais. La bataille doit se jouer ailleurs. Sur le marché du serveur, ils ont toutes leurs chances avec des CPUs qui ont beaucoup de cœurs et un bon rendement énergétique, si tant est que les constructeurs du secteur jouent le jeu (HP, Dell, Fujitsu pour ne citer qu’eux). C’est réellement sur le marché des appareils mobiles qu’il va falloir convaincre et proposer des puces réellement intéressantes : ultrabooks, netbooks, laptops classiques… Le souci, c’est que pour l’instant Ryzen n’existe que sans GPU intégré, et dans des versions qui dissipent 65 ou 95W là où la plupart des solutions mobiles aujourd’hui sont proposées avec de quoi faire tourner les bureaux modernes (Windows 10, compositing sous nux), voire quelques jeux, le tout dans une enveloppe thermique très contenue (je joue à Portal 2 sans souci ou presque avec mon Core i3 5005, qui consomme 15W). Et les GPUs de la marque ne sont pas réputés pour leur économie, même si les RX sont un premier pas intéressant (on ne sait pas grand chose de Vega, leur prochaine étape dans le domaine).

C’est vraiment là que j’attends AMD, et les bons scores de Ryzen sur bureau font envie, mais il va falloir convaincre que l’architecture est capable de s’adapter et de rester compétitive avec des voltages bien plus faibles qu’actuellement. S’ils sont capables d’y arriver en gardant un écart avec les solutions Intel, notamment financier, les constructeurs pourraient enfin proposer des machines endurantes à un prix décent sans rogner sur le reste de la qualité de la machine. Si tant est qu’Intel ne fasse pas encore le coup des pratiques douteuses, pratiques pour lesquelles il a déjà été critiqué et condamné le passé.

Un soutien logiciel réel

Je l’ai déjà évoqué, les développeurs de jeu commencent à se pencher sur un éventuel support optimisé de Ryzen (Valve s’est penché sur DOTA2 notamment, j’ai évoqué Stardock tout à l’heure), et Microsoft a même reconnu devoir affiner l’ordonnanceur et la gestion de l’énergie de Windows pour que le CPU ne reste pas à la traîne et se comporte correctement. Un Microsoft pourtant historiquement proche d’Intel. En attendant AMD propose déjà son propre patch, ne pouvant pas attendre que Microsoft se réveille. Je n’ai rien trouvé de significatif côté du noyau Linux pour l’instant (le 4.11 ne contient à priori rien de particulier pour Zen), mais d’autres se penchent dessus, comme LLVM, qui sert également de compilateur pour les pilotes libres AMD. GCC semble pour l’instant moins pressé d’analyser en profondeur les optimisations possibles au vu des résultats de Phoronix.

Intel commence déjà à réagir

En effet, en réponse, Intel a commencé à baisser parfois fortement le prix de certains de ses CPUs, et à priori avance l’arrivée des futurs composants hauts de gamme, censés ce coup-ci apporter un regain de performances (la dernière génération Kaby Lake étant uniquement axée comsommation). On le voit donc, il était grand temps qu’une concurrence sérieuse sur les marchés historiques d’Intel revienne un peu à la charge, que ce soit d’AMD ou d’un autre. Aussi bien pour nous que pour les grands fournisseurs de « cloud », dont les datacenters sont pour l’instant intégralement nourris ou presque par Intel, avec certainement des tarifs de ouf. Il faut d’ailleurs se souvenir que si Microsoft avait fait le choix d’AMD initialement pour la première version d’Azure, ils ont vite changé pour Intel sur le v2 du fait de performances médiocres pour le fondeur vert.

Vous pouvez donc compter sur moi pour conseiller de nouveau du CPU AMD sur des configurations de bureau.

PS : je me demande s’il n’y a pas un peu de Zen dans les puces qu’AMD a vendu à Microsoft et Sony pour leurs Xbox One et PS4. Vu les tarifs, je ne suis cependant pas surpris qu’ils aient opté pour le fabricant.

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Invité

Je me tâte encore pour un R5, je vais encore attendre un peu pour voir