Ces polices libres qui remplacent les polices Microsoft propriétaires

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closeCet article a été publié il y a 5 ans 7 mois 8 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Les informations proposées sont donc peut-être expirées, les commandes ne sont peut-être plus valides.

Dans mes élans à corriger la feignantise ou l’incompétence des développeurs web, je cherche des solutions plus adaptées que simplement serif/sans-serif. En effet toutes les polices ne se valent pas, et celles par défaut sous Linux ne  clairement pas adaptées à toutes les situations. Largeur des caractères, espacement, dimensions de manière générale, il faut en faire un peu plus parfois. Et si j’ai souvent la solution, elle n’est pas toujours évidente à dégoter. Petit pense-bête donc des polices que vous pouvez utiliser pour remplacer les autres.

Comment installer les polices ?

En effet, j’ai l’air fin si je vous dis quelles polices utiliser mais que vous ne savez pas comment les installer. S’il n’est pas possible de les installer par  le gestionnaire de paquets (apt-get, yum, pacman/yaourt), il faut se tourner vers le téléchargement et l’installation manuelle.

Plusieurs possibilités comme souvent. En « brut », vous avez la version globale : les fichiers .ttf sont à ranger dans un sous-dossier de /usr/share/fonts/truetype/ ou /usr/share/fonts/TTF/ suivant les distributions. Ces dossiers ne sont accessibles en écriture qu’à l’utilisateur root. De cette manière (comme par les gestionnaires de paquets), tous vos utilisateurs auront accès aux polices nouvellement installées.

Sinon, vous avez le choix du local, pratique si l’on a pas le droit d’installer un paquet ni de copier dans les dossiers. S’il n’existe pas encore, il suffit de créer le dossier caché .fonts à la racine du dossier utilisateur (chez moi, /home/seboss666/.fonts) et d’y placer vos fichiers de police.

Dans un cas comme dans l’autre, il faudra régénérer le cache de polices en exécutant la commande mkfontdir dans le dossier où l’on a ajouté les polices, et ce que j’ai trouvé de plus « universel », se déconnecter/se reconnecter à sa session. Normalement redémarrer le serveur de polices suffit, mais je n’ai pas réussi à trouver comment faire sous Manjaro ni à le trouver sur mes Debian, qui n’ont pas d’interfaces graphiques. Si vous savez comment faire, les commentaires sont là pour me corriger 😉

D’ailleurs, normalement avec votre bureau vient un utilitaire de visualisation/installation de police de caractères, qui fera ça bien plus simplement qu’à la main (et sans avoir à redémarrer la session). En tout cas j’en ai un sous KDE 4.

Voilà, maintenant, passons aux choses sérieuses.

Segoe UI

Segoe est la police « officielle » de Microsoft depuis quelques années, et elle l’utilise jusque pour son Logo. Microsoft oblige, cette police est propriétaire et il est interdit de la redistribuer comme ça. En cherchant, une alternative libre a vu le jour. Elle s’appelle Selawik, et pour l’instant, on ne la trouve que dans un dépôt GitHub, librement téléchargeable, en attendant qu’elle soit fournie ou qu’on puisse l’installer par les dépôts de nos distributions.

Arial

Si Arial a d’abord été dessiné pour les imprimantes IBM comme une alternative à Helvetica (j’en parle après), Microsoft l’a ensuite intégré dans Windows 3.1 dès 1992. Dans un cas comme dans l’autre, leur redistribution gratuite est interdite, sans même parler d’une libre adaptation. Pour corriger tout ça le projet Fedora propose Liberation, un jeu de polices libres, dont la variante Liberation Sans remplace parfaitement Arial. Installable ou installé dans toutes les bonnes crèmeries.

Dans le cadre d’un webdesign, il est possible d’utiliser directement Arimo comme webfont, hébergée sur Google Fonts, sous licence Apache.

Verdana

C’est une police exclusive Microsoft apparue dès Windows 95, adaptée à la lecture sur écran « restreint ». Qui dit exclusive Microsoft dit évidemment interdite. Après quelques recherches, la plupart des « typographes » s’accordent à dire que DejaVu Sans est un très bon remplaçant. Installable/installé sous Arch/Manjaro et Debian très facilement, j’imagine que c’est pareil pour les autres.

Georgia

Très difficile de trouver un bon remplaçant apparemment. Cette police Serif là encore exclusive Microsoft est destinée à remplacer Times New Roman, car elle est plus facile à lire sur écran (et je pense que c’est vrai). Après quelques recherches et essais sur des sites qui la demandaient, j’ai opté pour Charis SIL. Si sur Arch/Manjaro il existe deux paquets AUR (l’un ne contenant que la dite police, l’autre contenant toute la collection dont elle fait partie), il faudra probablement les installer manuellement dans d’autres situations.

Helvetica

Helvetica a existé bien avant Arial (qui n’en est finalement qu’une imitation pour l’informatique), elle est effectivement née en 1957, soit bien avant nos ordinateurs personnels. Là encore, son caractère commercial la rend difficilement redistribuable. En fouillant un peu, le résultat qui revient le plus comme alternative, c’est Nimbus Sans L. Je n’ai pas réussi à savoir si l’on pouvait l’installer sous Debian avec apt-get, et je n’ai rien trouvé pour Manjaro, j’ai donc installé à la main.

Tahoma

C’est aussi une police exclusive Microsoft apparue en même temps que Verdana, et donc souffre des mêmes limitations quand à sa liberté d’utilisation (aucune). À part que Tahoma est plus moche, selon moi. En effet, elle a d’abord été conçue comme une police matricielle, et le plus souvent à l’écran ça se voit, elle parait pixelisée quelque soit la taille à laquelle on l’affiche.

Le remplaçant le plus logique (et surtout obligatoire dans de rares cas), et le seul qui m’a été indiqué, c’est la version qu’utilise le projet Wine, car certaines applications ne s’affichaient pas correctement si la police n’était pas explicitement présente (comme Steam, par exemple). Un paquet AUR existe pour Arch/Manjaro qui n’installe que les polices justement. Vous pouvez utiliser les liens pour l’installer sur d’autres distributions. Mais j’ai trouvé le résultat discutable, donc à vous de voir.

Trebuchet MS

Énième police propriétaire de Microsoft, assez agréable, et possédant quelques caractéristiques intéressantes (sur les majuscules, certaines lettres minuscules aussi). Pour la remplacer dans le monde libre, là on a du lourd, puisque c’est Mozilla qui a dégainé Fira Sans. C’est la police qui est utilisée dans Firefox OS, rien que ça. Des paquets existent pour Arch/Manjaro, pas pour Debian par contre (à vérifier, je sais que parfois Ubuntu ajoute des choses), donc à installer manuellement.

Courier New

Police par défaut pendant longtemps pour les fichiers textes bruts sous Windows. Quand je l’utilisais encore, je l’avais remplacé par Consolas, mais là encore, c’est une police propriétaire.

Sous Linux j’utilise Droid Sans Mono, sous Licence Apache (j’utilise les polices Droid pour tout le système de manière générale). L’idée étant de toute façon d’avoir des caractères à largeur identique, contrairement aux autres polices, où un ‘i’ est moins large qu’un ‘p’ par exemple. Cherchez une police qui affiche « mono » ou « monospace », et si vous trouvez que ça colle, voilà.

Et les autres ?

Faites comme moi, cherchez. En tapant « alternatives font [police] » sur DuckDuckGo j’ai toujours fini par trouver quelque chose de potable. Mais là encore très souvent, il a fallu chercher en anglais. À croire que les français se foutent de tout.

Dernière solution, à prendre avec des pincettes, la légalité n’étant pas toujours de mise : copier les fichiers OTF (Open Type) et TTF (TrueType) d’un système Windows sous Linux, en utilisant l’une des méthodes indiquées au début. Techniquement ce n’est pas de la redistribution, tant que ça reste cantonné à votre machine, alors faites comme vous le sentez. Je préfère un monde libre (surtout qu’on peut aussi utiliser ces polices sous Windows !)