Windows Phone est-il intéressant pour moi ?

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Aujourd’hui, petit tour dans le monde de la « téléphonie mobile ». C’est un sacré débat, que celui des plateformes mobiles, avec Android qui accroche plus de 70% du marché, iOS qui en tient environ 15%, et un Windows Phone qui monte, doucement, au dessus des 10% (source: Kantar). Justement, ce Windows Phone, s’il monte, c’est qu’il doit être possible de faire des choses avec. Et si c’est possible, au moins aussi bien et au même prix que sous Android, pour prendre celui que je connais et pratique au quotidien. Petite enquête « sur le terrain ».

Avant de commencer, je me dois de faire quelques réflexions diverses, nécessaires je le crains. En fouillant sur le Windows Phone Store, j’ai pu constater plusieurs choses :

  • A propos du design, qui fait partie intégrante de l’expérience voulue par Microsoft. Si je m’y intéresse, c’est qu’elle ne me laisse pas indifférent. Malgré tout je trouve ce store peu clair (je parle de la version Web hein), probablement parce que je suis habitué à des lignes un peu plus claires quand il s’agit d’interface. Il n’est par exemple pas évident de savoir si le premier résultat de ma recherche sur les clients Twitter est bien le client officiel du réseau social.
  • La pertinence des résultats risque de poser problème à beaucoup de monde. Quand je cherchais les équivalents à Wifi Analyzer, certains résultats ne correspondaient pas du tout à ce que je cherchais. Là, je pense que l’avance que garde Google dans le domaine de la recherche y est pour quelque chose. Le manque de filtres est un autre point faible, que je mettrais dans le même panier. Le nombre d’applications est aussi une des composantes de cette faiblesse.
  • Là, même si ce n’est pas spécifique à Windows Phone et son store en particulier, il est impossible ou presque de se fier aux commentaires. Même si dans une certaine mesure les notes peuvent servir, les textes qui les accompagnent sont, comment dire… Je sais que le niveau de français à l’heure actuelle est déjà inquiétant, mais on atteint des sommets. Et même quand le niveau de fautes d’orthographe et de grammaire ne vous a pas rendu aveugle, rares sont les commentaires constructifs.
  • Dernier point, et non des moindres, quand on vient d’Android : il y a trop peu d’applications gratuites sur le Store. Même si cela augmente mécaniquement avec le nombre d’applications, il est toujours décevant de voir que certaines fonctions qu’on sait faire gratuitement sur d’autres systèmes sont payantes ici.
Windows Phone, une interface différente.

Windows Phone, une interface différente.

Je n’ai aussi pas cherché à comparer les fonctions liées au compte utilisateur (compte Google d’un côté, compte Microsoft de l’autre, quelle grande originalité). Synchronisation des contacts, mails SMS, agenda, infos Xbox Live (oui, car votre Windows Phone peut aussi servir à jouer, et votre avatar sera le même sur les deux appareils-un point que Microsoft devrait renforcer à mon avis avec la Xbox One sur le sujet de deuxième écran), bref, les services rendus sont à peu près les mêmes. Avec à peu près le même respect pour la confidentialité de ces données, à savoir aucun.

Sans plus attendre, voilà mes trouvailles, en reprenant la liste d’applications que j’avais faite pour Android. Dans l’ordre évidemment.

Lampe torche : Plusieurs programmes gratuits et payants sont disponibles, par exemple celui-ci.

Firefox : Impossible d’avoir un véritable autre navigateur que celui de Microsoft, Internet Explorer. Non pas qu’il soit mauvais, c’est fini l’époque IE6. Si Microsoft, au contraire d’Apple, n’interdit pas d’autres moteurs que le sien, le problème se situe au niveau des langages de programmations autorisés par Microsoft, qui n’autorise pas de code natif c++ s’il est open-source, raison pour laquelle Firefox Mobile n’est disponible que sur Android, et FirefoxOS bien sûr. Pas d’extensions ni de plugins du coup, donc pas d’Adblock ni de Flash, même si on ne peut que se réjouir pour celui-ci, encore que ça va bloquer un peu sur Youtube&Co (la vidéo non HTML5).

Explorateur de fichiers : Plusieurs programmes gratuits sont disponibles, comme cette application, mais tous très limités, sinon payants. Mais là encore, les retours ne sont pas tous très flatteurs.

Convertisseur d’unités : Là encore du gratuit comme du payant, rien à signaler donc.

AirDroid : Rien. Nada. Peau d’zob. Absolument aucune possibilité d’avoir quelque chose qui s’approche de près ou de loin d’une application qui propose les mêmes fonctionnalités. Des limitations probablement dues aux API disponibles trop restreintes, une volonté de Microsoft de garder le contrôle sur son système. Des fois que votre téléphone vous appartienne.

Office : J’ai cherché sans succès les applications phares de Microsoft, j’allais me dire qu’il était bizarre qu’ils ne proposent pas au moins la lecture des documents (à la manière des viewers gratuits qu’MS propose lui-même pour Windows). Et puis je suis tombé sur cette page. C’est tout simplement intégré à Windows Phone. On comprend maintenant pourquoi Google a racheté QuickOffice récemment. Pas de support d’ODF par contre (le format d’OpenOffice et LibreOffice). Et rien pour pallier dans le store pour l’instant.

Adobe Reader : Le lecteur PDF est disponible gratuitement sur la plateforme.

Twitter : Le client officiel est là aussi présent gratuitement. D’autres programmes sont aussi disponibles, mais je ne me suis pas penché dessus.

Steam : Là, c’est la bérézina. Aucun client officiel, et la plupart des apps disponibles font l’impasse sur LA fonction vitale d’un tel client, le chat. Et même les rares (payantes) qui le proposent donnent un résultat assez aléatoire d’après les retours.

Skype : La plateforme de communication appartient à Microsoft, le moins qu’ils pouvaient faire est de proposer le logiciel gratuitement sur leur propre système (en attendant une intégration dans la prochaine version de l’OS mobile).

Angry Birds : Déception, le jeu est payant chez Microsoft. Remarque, c’est la même chose chez les accrocs au fruit. Et pareil sur PC, un comble.

MX Player : Un des points faibles relevés par les différents tests est la pauvreté des formats vidéos et audios supportés nativement. Et là, je n’ai trouvé aucun remplaçant potable, du moins en gratuit, en payant il semblerait que ça soit différent.

TuneIn Radio : la plateforme de webradios est présente, tout aussi gratuitement que sur Android. Malheureusement pour moi, j’ai découvert qu’Absolute Radio a plié sous la contrainte du lobby des ayants-droits locaux, et bloqué tout ce qui n’est pas rosbif-compliant.

JuiceSSH : Rares sont les apps disponibles, aussi bien gratuites que payantes. Mais les gratuites sont limitées, si l’on se fie aux commentaires de celle-ci.

OpenVPN : « Quand t’es dans le désert » chantait Capdevielle. Tapez OpenVPN, et la recherche vous sort du vent. Pas la moindre application. Soit les API ne sont pas équipées, soit c’est pour la même raison que Firefox, à savoir impossibilité d’Open-source.

Speedtest : Il était inévitable pour son éditeur de ne pas proposer une application native, puisque le site web utilise Flash, indisponible dans le navigateur maison (j’en ai déjà parlé).

WiFi Analyzer : J’ai cherché large (tapez juste WiFi dans la recherche), et pourtant, rien qui ne s’approche d’un tel programme dans les résultats présentés. Et là, j’ai aucune explication, à priori, rien n’empêche la création d’une telle application.

Verdict

Quand on compte les points, c’est pas la joie. Si les utilisateurs d’iPhone trouveraient facilement leurs marques du fait de la profusion d’applications payantes (et parfois très chères) qui emplissent l’AppStore d’Apple, les utilisateurs d’Android qui comme moi n’ont jamais eu besoin de débourser le moindre centime se sentiront facilement déçus. Et le nombre d’applications disponibles y sera aussi pour quelque chose.

Et la plupart de ces manques est simplement due à Microsoft lui-même, qui verrouille aussi bien les API que les technologies disponibles pour le développement d’applications. A l’instar d’Apple qui n’autorise qu’un seul environnement de développement (et donc les langages), et des règles d’inscriptions des développeurs plutôt strictes (et surtout tarifées), Microsoft propose peu ou prou la même chose, même si les règles sur les « profits » des applications sont un peu plus intéressantes. Android, qui est bien plus souple aussi bien sur les règles de développement (technos multiples, API plus ouvertes) que d’inscription et de publication (conditions financières plus intéressantes), rend la plateforme bien plus intéressante, et les possibilités d’avoir des applications riches à prix abordable (gratuit, dans le cas d’AirDroid, qui permet de prendre le contrôle de son téléphone au travers d’une interface web) plus nombreuses. Le fait de pouvoir publier de l’open-source est là encore un gros avantage d’Android sur les autres à mon sens. Seul FirefoxOS, que j’attends toujours en France, et éventuellement les autres s’ils arrivent à montrer un bout de leur nez, peuvent prétendre à cette ouverture.

En attendant, pour ceux qui chercheraient à en savoir plus, point de podcast comme Appload (encore qu’un des participants propose parfois une app pour la plateforme), mais le site Generation-NT propose toutes les semaines un focus sur plusieurs applications gratuites et payantes sous Windows Phone. De manière générale, pour suivre l’actualité de la plateforme, c’est à cette adresse que ça se passe.

Lumia 520, une petite bête étonnante.

Lumia 520, une petite bête étonnante.

Qu’on ne se méprenne pas sur mes intentions. Pour l’avoir manipulé brièvement, le système est fluide même sur un petit terminal (Lumia 520), et il me plait vraiment bien. En dehors du fait qu’il a les mêmes faiblesses que les autres (volonté de verrouiller l’utilisateur autour d’un compte Microsoft qui centralise toujours plus de choses dans votre dos, sous couvert de vous rendre service–ce qui est vrai, soit dit en passant), l’ergonomie est bonne, et en tout cas dans mon cas, il est facile de trouver les nouvelles marques nécessaires à son utilisation tant la philosophie est différente des autres. Un des seuls regrets que je formulerais, en dehors du constat sur les applications, c’est qu’en dehors de Nokia, qui a tout misé sur Windows Phone, peu de constructeurs se sont vraiment penchés sur le système. C’est bien pour Nokia qui arrive à en vendre pas mal puisqu’il couvre toutes les gammes de prix ou presque (avec un gros succès en premier lieu sur les smartphones au prix inférieurs à 300€), mais c’est dommage pour Windows Phone, qui gagnerait à être présent sur plus de terminaux, y compris de « grosses » marques comme Samsung, HTC (même si ces deux-là ont déjà tenté le coup, sans grand succès), Sony (j’ai peut-être été entendu), qui sont les seules qui résonnent dans les oreilles des plus jeunes aujourd’hui, et qui ont la force commerciale (peut-être pas HTC, qui est au plus mal) pour pousser les appareils sous les feux de la rampe. Et une plus grande couverture matérielle pousserait probablement les développeurs à se pencher sur le système. Le fait que le système soit payant (20$ sur un smartphone à 250$, ça fait 8%, pour un logiciel, pas du matériel) alors qu’Android est gratuit, et qu’il soit impossible ou presque de personnaliser l’OS y sont probablement pour quelque chose.